En quelques mois, le petit prince du Maghreb membre du groupe Africa Jungle est devenu un artiste incontournable en France. L’histoire de Soolking en France ne commence par une signature sur le label de Sofiane, Affranchis Music. Arrivé en France sans trop de soutien ni trop de moyens, le rappeur consacre son premier titre sur les terres bleu-blanc-rouge au footballeur Aubameyang avec son pote Ghost. La vidéo placée sur la chaîne YouTube d’Africa Jungle cumule près de 7 millions de vues aujourd’hui…Comme il le dira dans son premier titre “Rockstar” extrait de son premier album solo “Fruit du démon” : “Lis dans nos yeux, il y a notre histoire, une vie de chien…”. Produit par Chafi, le titre est la meilleur illustration de la richesse musicale de l’album. Entre le petit solo de guitare revu et corrigé en mode oriental du refrain, le beat hip-hop, et le flow fuyant et résolument Raï de l’artiste, le morceau est un exemple de métissage des sonorités.

Puis de titres en titre, le rappeur se fait une place en France et surtout dans le cœur de Sofiane. Il signe sur le label du nouveau chouchou du Rap français. Après quelques tubes et quelques featuring, il signe son plus gros succès sur “Dalida” en entrant dans le Top Deezer Mondial. Le morceau produit par Diias, un compositeur signé lui aussi sur Affranchis, lui procure une notoriété internationale. Allant jusqu’à reprendre la gimmick de Dalida “Parole Parole Parole”, la star d‘Africa Jungle mêle Raï, Rap, et chant dans un mélange magique. Le clip culmine déjà à plus de 62 millions de vues sur YouTube.

La sortie de l’album “Fruit du Démon” vient parachever l’évolution de Soolking mais c’est également une étape notable dans le Rap français. Car avant d’être un rappeur, l’artiste d’Affranchis Music est un chanteur. Il ne se contente pas d’aligner une suite de Punchline. Il chante, fait du story telling comme sur le titre “Chica” produit par Slembeatz, et navigue entre ses influences Raï et ses influences urbaines. Si MHD a réinventé l’AfroTrap, Soolking est passé maître dans l’art du Raï’N’B.

Le titre “HLM” produit par Djaresma qu’on a déjà vu du côté de chez Soprano est un hit club en puissance. Produit avec un sample de Nay, une flûte orientale, il est ultra rythmé et un peu Baile Funk, une merveille. Le rappeur raconte son ascension dans le monde de la musique : “Hier j’étais menotté à Barbes Rochechouart aujourd’hui j’ai Showcase à Saint Tropez”.

Le featuring entre Lacrim, Sofiane et le rappeur est lui aussi un exemple de métissage entre Trap et Raï, rappé par Lacrim à moitié rappé par Sofiane, il n’en reste pas moins très dansant. A eux trois, ces rappeurs accumulent des ventes records. Une véritable dream team venu chanter à la gloire de “la Cosa Nostra” : “Non, non, non, non, ils ont que les mots, oh oh oh”.

Pour finir son album, Soolking tape un featuring avec Cheb Khaled sur une prod de Dias très originale loin d’être typiquement Raï. Le rappeur, le chanteur, l’artiste rend une copie très propre pour son premier album avec une variété musicale et une richesse peu ordinaire pour un artiste urbain. Il se place en opposition totale avec le courant dominant Rap coincé dans les punchlines successives. Il fait partie des artistes les plus créatifs en France et aura sans doute autant de succès qu’un MHD pour avoir métissé les styles à ce point. Ce 2 novembre, peut être qu’un artiste est vraiment né.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here