Il est un peu trop tôt pour annoncer la fin du phénomène Jul qui s’est emparé de la France dans les années 14′. Lorsque le rappeur marseillais débarque dans le Rap Game en 2014 avec l’album “Dans ma Paranoïa”, personne ne croit en lui. Peut être parce qu’il n’est pas bling-bling comme la plupart des rappeurs mais plutôt simple. Peut être aussi parce qu’il ne joue pas au gros gangster dans ses sons mais qu’il se livre toujours en introspection. Il y a aussi son genre. Le rappeur du Sud de la France privilégie des sonorités club en opposition au style Trap du début des années 10, et utilise le vocoder à outrance. Entre 2014 et 2018, le rappeur le plus prolifique de France sort 9 albums tous couronnés d’au moins un disque d’or.

Mais si la réussite est toujours au rendez vous, il y a t-il un essoufflement du style Jul ? Car c’est entre 2015 et 2016 que le rappeur enregistre ses plus beaux succès. L’album “My Word” sorti en 2015 tout d’abord est certifié disque de diamant. C’est la première fois et la seule fois que le rappeur marseillais entre dans le panthéon des rappeurs ornés de diamant. Ensuite, l’OMNI (l’objet musical non identifié) enchaîne sur deux albums en 2016, “Emotions” et “Je me vois pas briller” tous deux certifiés triple disque de platine. Depuis Jul enchaîne les disques de platine sans jamais atteindre ces sommets. Y a t-il un essoufflement du style du rappeur marseillais ? Et quels sont les raisons de cette baisse de régime ?

Pour répondre à la première question, il faut savoir que les derniers disques de platine décrochés par le phocéen ne représentent pas non plus des résultats catastrophiques. Le rappeur est loin d’être un has been. Cependant, il s’agit d’une véritable baisse de régime qui se compte en centaine de milliers d’opus en moins pour chaque sortie. Les raisons de cette baisse au niveau des ventes est plutôt évidente.

Lorsqu’il débarque en 2014, Jul est l’un des seuls rappeurs à produire des titres “club” loin de la Trap Music qui monopolise le genre Rap depuis la sortie du “Or Noir” de Kaaris. Les Chichas commencent à prendre beaucoup d’importance, et les clubs diffusent de plus en plus de Hip-Hop.

Il représente assez clairement la seule alternative au gangsta Rap tout puissant qui monopolise les débats. Mais depuis cette date, un autre genre de Rap popularisé par le Wati B et tous ses suppôts (Dadju, Maître Gims, Black M) fait son apparition dans l’offre musicale. Il s’agit de la Pop Urbaine. Des rappeurs parisiens comme Lartiste, ou carrément des marseillais comme Naps, et des convertis comme Alonzo se mettent eux aussi à réaliser des titres plus Club. Booba lui même se faufile dans le dancefloor avec des titres comme “Validée” ou “All Set”. Ce n’est pas la fin de la toute puissance de Jul, mais c’est la fin de son hégémonie sur le Rap dansant.

Aujourd’hui, la plupart des rappeurs laissent échapper des sons club dans leur discographie, et certains comme Soolking se battent même pour en faire leur style personnel. L’Algérino ou encore Naps n’ont aucun mal à contester la toute puissance de Jul dans ce domaine.

Jul n’est pas mort, il a désormais des concurrents.

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