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Rohff présente son ultime morceau, un epic intitulé “Fitna”

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En 1998, Rohff apparaît pour la première fois dans un clip de rap avec Neg’ Marrons, Mystik, et Pit Baccardi dans le morceau “On fait les choses”, tiré de la mixtape “Première classe”. Cette même année voit également la sortie de l’œuvre significative “Le combat continue” de Ideal J. Rohff y participe sur la piste “L’amour”, en duo avec Demon One. Après plus de 25 ans depuis l’émergence de Mafia K1 Fry, qui a marqué le triangle d’or Orly – Choisy – Vitry, Rohff annonce la fin de sa carrière musicale avec l’album “Fitna”, se concluant par une dernière piste monumentale de 14 minutes.

Rohff présente son ultime morceau, un epic intitulé “Fitna”

Le terme “Fitna”, issu de l’arabe, décrit traditionnellement un conflit interne religieux. Bien qu’il décrive souvent les affrontements entre sunnites et chiites dans l’Islam, Rohff l’utilise dans une nuance de ‘rupture’ pour son dernier titre éponyme.

Avec “Fitna”, Rohff ajoute à son répertoire de classiques tels que “Regretté” et “Génération sacrifiée”. Semblable à “Regretté”, “Fitna” est un morceau longue durée où Rohff réfléchit sur sa carrière et son impact sur la scène rap française avec des punchlines mémorables :

    "Génération confondue se réforme et me récite,
    Mes classiques immortels, pas besoin d'album posthume,
    Suffit pas d'être le padre, au sommet faut qu't'assumes."

Rohff contemple le monde à travers sa “Fitna”

Ensuite, le rappeur visionnaire partage son analyse du monde sur une orchestration de BXL Beats, qui l’accompagne depuis l’album “Grand Monsieur”, enrichissant des titres tels que “Ne me juge pas”, “Hall Of Fame” et “Tout passe”. Dans “Fitna”, le morceau est marqué par des mélodies au piano, revenant aux bases du rap conscient pour une sortie résolument engagée.

Dans ce morceau d’adieu, Rohff évalue la conjoncture mondiale actuelle en quelques minutes, abordant des sujets brûlants sans concession. Son opinion ne plaira pas à tous, ces propos polémiques vont faire couler beaucoup d’encre :

    "Tenez l'coup, à trop vivre dans l'haram on y prend goût,
    J'vais pas faire la morale c'est comme un fou qui parle aux fous."

    "Ils ont créé le féminisme pour que hommes et femmes se querellent,
    Que des couples d'animaux, y aura pas d'arche sous l'arc-en-ciel."

    "Comme Poutine, valeurs familiales on prône,
    Ils veulent te réduire à leur modèle qui échangent les femmes dans les baisodromes."

    "Réfus d'obtempérer ou refus de tempérer ? Ils ont tué Nahel,
    On confie des flingues à des flics mal dans leur peau."

Face à la montée des discours haineux et à l’avancée du Rassemblement National, Rohff demeure un observateur  très critique de la société. Derrière lui défile ses influences, des œuvres telles que “American History X”, “Scarface” de Brian de Palma ou encore “Peaky Blinders”, il tire sa révérence avec un morceau controversé mais profondément significatif, “Fitna”, son testament musical.

REYEL AY – Conséquence

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L’artiste Reyel Ay dévoile son nouveau single « Conséquence » ce vendredi 8 mai et son clip. À travers ce morceau, il aborde les thèmes des choix de vie, des erreurs et de leurs retombées sur les individus comme sur leur entourage.
Entre influences rap et sonorités issues des Antilles, Reyel Ay développe un univers musical personnel depuis une vingtaine d’années, construit autour d’un regard authentique sur son vécu, ses propres fautes et son environnement. Dans « Conséquence », il met en avant les impacts des décisions sur les parcours, les mentalités et les générations.
Le titre se distingue par une écriture directe et introspective, portée par une atmosphère sombre et immersive. Le clip officiel vient renforcer cette identité visuelle avec une réalisation centrée sur l’ambiance et le message du morceau.
À travers cette sortie, Reyel Ay poursuit le développement de son projet artistique en proposant un rap sincère, ancré dans la réalité poussé par sa propre réflexion sociale.

Tiakola passe en mode “Savage”

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Tiakola n’est plus simplement l’une des plus belles révélations de sa génération : il est désormais installé comme l’un des visages majeurs de la nouvelle scène française. Après l’énorme succès de “Mélo”, l’artiste confirmait son ascension avec la mixtape “BDLM Vol. 1” en 2024. Dès sa première semaine d’exploitation, le projet frôle les 20 000 ventes avant d’être rapidement certifié disque d’or, puis triple disque de platine quelques mois plus tard. Une performance qui confirme l’impact colossal du rappeur dans une industrie où rares sont les artistes capables de concilier succès populaire, crédibilité musicale et identité forte.

Depuis ses débuts, Tiakola s’est distingué par une approche particulièrement éclectique de la musique. Là où une partie du rap français s’est longtemps enfermée dans les codes de la drill, notamment popularisée par Gazo — avec qui il signera plus tard un projet commun devenu incontournable — le chanteur a toujours privilégié les mélodies, les rythmiques dansantes et les influences venues d’ailleurs. Son univers oscille entre afro, R&B, rap mélodique et inspirations west coast américaines.

Interrogé par le magazine GQ, Tiakola évoquait justement cette fascination pour la musique californienne :

“Oui, c’était ça la référence pour ‘Fast Life’… Je kiffe Nate Dogg. La musique de Los Angeles, ça me parle. Pour mes recherches, j’ai regardé beaucoup de documentaires sur la musique de L.A.”

Avec “Savage”, l’artiste dévoile son premier single de l’année 2026. Un morceau porté par cette signature mélodique immédiatement identifiable qui lui a permis de s’imposer au sommet du rap français contemporain. Entre refrain entêtant, énergie solaire et fluidité vocale, le titre pourrait bien annoncer l’arrivée d’un nouveau projet dans les prochains mois.

Tiakola passe en mode “Savage”

La composition instrumentale du morceau est signée John Alexis, KJ, Pontus Persson & Gaetan Judd. Pour construire l’univers sonore du titre, Tiakola s’est entouré de compositeurs britanniques particulièrement reconnus dans l’industrie actuelle. John Alexis et Pontus Persson ont notamment travaillé avec la superstar londonienne Central Cee, respectivement sur les morceaux “I Will” et “GBP”.

Fidèle à l’ADN musical de Tiakola, “Savage” mélange mélodies aériennes, rythmiques entraînantes et ambiance positive. Une recette que l’artiste maîtrise parfaitement depuis plusieurs années et qui continue de séduire un public toujours plus large.

À travers ses paroles, Tiakola revient également sur son évolution personnelle et sa vision du succès :

“Avec des millions sur mes comptes, j’investis comme Malien, j’réfléchis comme Sénégalais
Faut que j’sois connu pour le bif, pas à cause d’une bêtise, d’un rookie qui a pas eu son kiffe, qui est prêt à tout pour un beef (arh, ouh)”

Le visuel du morceau a été tourné dans le quartier par Bishop Nast, avec une direction artistique particulièrement soignée. Le réalisateur connaît déjà parfaitement l’univers de Tiakola, avec qui il a collaboré à plusieurs reprises. Il avait notamment mis en scène “Ronni Kray” avec Landy, mais aussi réalisé les visuels de Zed et Dinos sur “Stacks”, ainsi que celui de Zed sur “Zedeudé (60)”.

Avec “Savage”, Tiakola confirme une nouvelle fois sa capacité à naviguer entre efficacité mainstream et identité artistique forte, sans jamais perdre cette fraîcheur mélodique qui a fait sa signature.

Aya Nakamura et La Rvfleuze réunis sur “Sexy nana”

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Aya Nakamura n’a pas attendu les Jeux olympiques de Paris pour devenir un symbole générationnel. Dès 2018, la chanteuse bouleverse le paysage musical français avec son album “Nakamura” et surtout le phénomène mondial “Djadja”, véritable déflagration pop urbaine qui propulse sa carrière bien au-delà des frontières françaises. Disque d’or aux Pays-Bas, omniprésente dans les festivals européens, Aya Nakamura impose alors un style inédit, à la croisée de l’afro-pop, du R&B et des sonorités caribéennes.

Au fil des années, l’artiste devient l’un des visages les plus puissants de la pop francophone contemporaine. Invitée à performer lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024 aux côtés de la Garde républicaine, elle incarne cette nouvelle génération française multiculturelle, populaire et décomplexée. Une réussite qui dérange aussi une partie du paysage médiatique français. Malgré une reconnaissance internationale grandissante et des collaborations prestigieuses, notamment avec la star britannique Stormzy, Aya Nakamura reste régulièrement la cible de polémiques et de critiques révélatrices d’une société française de plus en plus polarisée.

Face à elle, La Rvfleuze représente aujourd’hui l’une des plus grosses montées en puissance du rap français. Avec “Numéro d’écrou”, le rappeur signe un démarrage colossal à plus de 20 000 ventes dès la première semaine d’exploitation avant de décrocher rapidement un disque d’or. Des chiffres impressionnants pour un artiste encore considéré comme un rookie par une partie de l’industrie. Là où beaucoup misent sur des stratégies marketing ultra calibrées, La Rvfleuze semble surtout séduire grâce à son naturel brut, son énergie instinctive et une authenticité devenue rare dans le paysage actuel.

La rencontre entre les deux univers pouvait pourtant sembler improbable. D’un côté, la reine des rythmes afro-caribéens et de la pop urbaine francophone. De l’autre, un rappeur street à l’esthétique plus rugueuse. Mais sur “Sexy nana”, l’alchimie fonctionne immédiatement. Aya Nakamura adopte une posture plus insolente et presque rap, tandis que La Rvfleuze conserve cette attitude froide et spontanée qui caractérise son personnage. Résultat : un morceau efficace, calibré pour l’été, qui a déjà dépassé le million de vues sur YouTube.

Aya Nakamura et La Rvfleuze réunis sur “Sexy nana”

La production du morceau est assurée par Abl Génie & Joé Dwèt Filé. Ce dernier, déjà présent aux côtés d’Aya sur son dernier projet en tant qu’artiste, passe ici derrière les machines pour construire une instrumentale fortement inspirée des standards américains actuels. À ses côtés, Abl Génie, collaborateur régulier de Joé Dwèt Filé, apporte cette texture mélodique et aérienne qui donne au morceau sa dimension internationale.

Le titre assume pleinement son ADN US, entre mélodies sensuelles, gimmicks accrocheurs et egotrip assumé. Aya Nakamura y déploie toute son irrévérence :

“Mais j’suis qu’une baddies (baddies, baddies), t’es pas compatible (‘patible, ‘patible, nan)
Oh papi (papi), t’as pas pied, quitte”

Avant d’enfoncer le clou avec :

“J’l’ai laissé dans son goumin donc il s’tue au Hennessy”

La Rvfleuze, lui, répond avec la même nonchalance maîtrisée :

“Elle croit j’vais regarder sous sa jupe, passager, maintenant, j’me suis assagi (hein, hein)
J’connais la pandémie (hein, hein), le chat, il court quand la souris passe (passe)”

Le visuel du morceau est signé Zaven, réalisateur désormais incontournable dans l’univers visuel d’Aya Nakamura. Déjà derrière le trailer annonçant son Stade de France en 2026 ainsi que le clip “No Stress”, le cinéaste confirme ici sa capacité à construire des images modernes et ultra léchées. Son CV parle d’ailleurs pour lui : il a également collaboré avec Major Lazer sur le visuel de “Gangsta”. Pendant qu’Aya Nakamura prépare sereinement son futur Stade de France, “Sexy nana” vient confirmer sa capacité à naviguer entre les univers sans jamais perdre son identité.

Jul évoque les “Parasites”

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Jul dévoilera un nouvel album le 15 mai prochain. Rien de nouveau sous le soleil marseillais : au rythme de deux projets par an, auxquels viennent régulièrement s’ajouter des compilations et albums collectifs, Jul s’est imposé en quelques années comme l’artiste le plus prolifique de l’histoire du rap français. Ses ventes cumulées dépassent désormais celles de groupes et artistes emblématiques comme IAM ou MC Solaar. Pourtant, peu d’observateurs auraient parié sur un tel destin au moment de ses débuts.

À l’époque, une partie de la vieille garde regardait son ascension avec scepticisme. De passage chez Kombini, Akhenaton avait notamment critiqué son utilisation massive de l’autotune. Quelques années plus tard, l’histoire prendra pourtant une tournure inattendue : le rappeur marseillais partagera un morceau avec les membres d’IAM sur 13’Organisé, autour d’un sample du classique “Marseille la nuit”. Une seule exigence de la part d’Akhenaton et de Shurik’n : enregistrer un morceau sans vocoder.

Jul n’a pas simplement accumulé les succès : il a imposé une esthétique et une manière de faire désormais reconnaissables dans toute l’Europe. Là où une partie du rap contemporain mise sur l’ostentation permanente, l’artiste marseillais cultive une image beaucoup plus accessible. Inutile de chercher des armes, des voitures de luxe ou des mises en scène outrancières dans les visuels de Jul. Son univers repose davantage sur l’énergie du quotidien, la spontanéité et un rapport direct avec son public.

Dans ses morceaux comme dans ses prises de parole, Jul donne souvent l’impression de fonctionner à l’instinct, sans calcul ni posture. Malgré les critiques récurrentes autour du vocoder, il s’est durablement installé au sommet du rap français sans transformer sa réussite en démonstration permanente de puissance ou de richesse. Une trajectoire atypique dans un paysage musical où l’egotrip est devenu une norme.

Jul évoque les “Parasites”

La composition instrumentale du morceau réunit ProvoKind, Arian (FRA) et ElMiR. Des collaborateurs réguliers de Jul, déjà présents derrière plusieurs titres marquants comme “Wouaw”, “2 coups d’avance” ou “Ma Puce”. De son côté, ElMiR s’était notamment illustré avec “Après l’apéro”. L’ensemble donne naissance à une production typiquement marseillaise, mélodique, lumineuse et immédiatement identifiable.

Sur “Parasites”, Jul retrouve justement cette formule qui a façonné son identité artistique : une écriture instinctive, des mélodies simples mais efficaces et une manière très personnelle d’évoquer son état d’esprit.

“J’fais des fautes, nique sa mère l’dico, on a galéré demande à Tchyco”

Difficile de ne pas y voir une référence aux critiques récurrentes sur son orthographe, notamment depuis le titre de l’album “Je trouve pas le sommeil”, dont l’absence de négation avait été abondamment moquée sur les réseaux sociaux. Mais chez Jul, la sincérité prime toujours sur les conventions académiques. Son succès repose justement sur cette manière de parler sans filtre, avec les codes et le langage de son environnement.

“À cause des jaloux, j’ai vendu ma gari, changé de look, j’ai changé de vie
J’ai changé mon train-train dans la zone parce que les gens, ici, ils t’envient”

Le clip en animation a été confié à William Thomas, réalisateur déjà bien implanté dans le rap français. Habitué à naviguer entre artistes indépendants et têtes d’affiche, il a récemment signé les visuels de Fiak de Kerchak ainsi que “Adriano” de Niska. Une direction artistique cohérente avec l’univers coloré et populaire développé par Jul depuis plusieurs années.

Guizmo et Soprano te parlent de la « Vida » !

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Il fait partie de ces artistes rares capables de transformer leurs blessures en littérature urbaine. Depuis ses débuts chez Y&W, Guizmo s’est imposé comme l’un des derniers grands paroliers du rap français encore en activité. Derrière son débit millimétré et son écriture à vif, le rappeur a toujours laissé transparaître une sincérité presque dérangeante. Chez lui, les cicatrices personnelles deviennent des récits universels. Ses morceaux ressemblent souvent à des fragments de vie jetés sur instrumentale, avec cette impression troublante qu’il observe son propre chaos depuis l’extérieur. Comme si le rappeur avait fini par se détacher de son propre décor pour mieux en raconter les fissures.

Surnommé le « Renard », Guizmo prépare actuellement son nouveau projet intitulé « La Tanière ». Pour ce retour, l’artiste s’entoure d’une génération capable de traverser plusieurs époques du rap français : Freeze Corleone, Soprano et La Fouine figurent notamment au casting. Une manière pour le rappeur de confirmer qu’il reste connecté à toutes les facettes du paysage rap actuel, sans jamais perdre son identité première.

Pour amorcer cette nouvelle étape, Guizmo dévoile aujourd’hui son featuring avec Soprano. Derrière les immenses succès populaires du Marseillais se cache toujours ce besoin presque instinctif de revenir au rap pur. Ici, pas de formule radio calibrée : les deux artistes livrent un morceau à l’ancienne, brut et mélancolique, qui rappelle immédiatement l’époque où Soprano faisait vibrer les quartiers avec « La Vengeance aux deux visages » aux côtés de Alonzo et Vinz dans la mythique Psy4 de la Rime.

Si beaucoup regardent aujourd’hui la trajectoire de Soprano comme un modèle de réussite commerciale, l’artiste marseillais n’a pourtant jamais totalement coupé le lien avec ses racines rap. Ces dernières années encore, il l’a prouvé avec des titres plus rugueux comme « Sous le soleil » avec 13 Organisé, ou plus introspectifs comme « Miroir » avec La Fouine. À ce stade de sa carrière, Soprano semble surtout animé par une seule chose : faire la musique qu’il a envie de faire, sans avoir quoi que ce soit à prouver.

Guizmo et Soprano te parlent de la « Vida » !

La composition instrumentale du morceau est signée Lil Ben. Le beatmaker s’était révélé dès les débuts de Naps avec le morceau « Pochon bleu », avant de multiplier les collaborations marquantes avec Ninho sur « Jusqu’à Minuit », « Tout en Gucci » ou encore « Mauvais Djo ». Plus récemment, il produisait également « Lif » pour SCH. Fidèle à l’univers de Guizmo, l’instrumentale navigue entre mélancolie et sobriété, laissant toute la place aux textes et aux émotions. Quant à Soprano, il démontre une nouvelle fois sa capacité à évoluer dans des registres radicalement différents sans jamais perdre en crédibilité.

Soprano évoque ainsi son état d’esprit :

« Les voyous m’respectent car je m’suis jamais pris pour eux (bah ouais)
Les quartiers m’soutiennent car, l’vendredi, je prie pour eux (amin) »

De son côté, Guizmo, fidèle à son écriture à fleur de peau, revient sur des blessures profondément personnelles :

« Moi, j’me suis trop battu, faut surtout pas j’me casse la gueule
En moins d’un an, j’suis passé d’papa poule à papa seul »

Le visuel a été réalisé par Chris Macari, collaborateur historique et réalisateur emblématique de Booba. On lui doit plusieurs clips devenus cultes dans le paysage du rap français, parmi lesquels « 92i Veyron », « DKR », « Kalash », « Zoo », « Validée » ou encore « OKLM ». Fidèle à son esthétique, le réalisateur plonge ici les deux artistes dans une atmosphère froide et urbaine, entre noirceur mélancolique et réalisme brut.

Rim’K et Limsa d’Aulnay sont des « Enfants perdus » !

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Rim’K appartient à cette génération de rappeurs qui ont connu une époque où le rap français devait encore se satisfaire de la catégorie « Musiques urbaines » aux Victoires de la musique. Introduite en 2007 dans la grande cérémonie bleu-blanc-rouge de l’industrie musicale française, cette appellation ambiguë est peut-être même à l’origine du terme « musique urbaine », devenu omniprésent dans le paysage médiatique depuis l’explosion de Sexion d’Assaut. Une époque que Rim’K connaît parfaitement : avec 113, il remportait alors la Victoire de la musique de l’« album rap ou groove de l’année ». Porté par l’album mythique Les Princes de la ville, le groupe de Vitry-sur-Seine ne s’est pas contenté d’empiler les récompenses : il a profondément transformé l’imaginaire du rap français tout en imposant un immense succès populaire.

En solo, Rim’K amorce un retour remarqué à partir de 2018. On le retrouve notamment aux côtés de Ninho sur un morceau où les deux artistes paradent en « Air Max » au milieu des blocs. Là où certains rappeurs de sa génération peinent à dialoguer avec la nouvelle scène, Rim’K, lui, traverse les époques avec une étonnante fluidité. Inutile de lui parler de nostalgie ou de rap old school : le rappeur peut trapper comme Kaaris, s’aventurer dans des sonorités 2-step ou encore revenir à ses racines algériennes au rythme de la derbouka, dans une continuité presque naturelle avec son classique Tonton du bled. Une direction artistique qu’il poursuit notamment avec TIF et Sofiane Pamart sur « Tant Pis ».

Dans son dernier projet en date, RUN, Rim’K multiplie les collaborations avec toute la nouvelle garde du rap français : SDM, Kekra, Zamdane ou encore TH. Invité sur le plateau de Légendes Urbaines, il confiait d’ailleurs toute son admiration pour SDM : « Incroyable, le petit frère, j’aime trop. En dehors du fait que, pour moi, ce soit un artiste qui compte pour le rap français et qui comptera dans les années à venir, c’est un exemple d’humilité. Il a tout compris, il est incroyable. C’est le dosage parfait. »

Aujourd’hui, l’artiste dévoile « Les Enfants perdus », un morceau aux sonorités volontairement plus classiques partagé avec Limsa d’Aulnay. Un titre qui évoque presque immédiatement l’univers de Keny Arkana, figure incontournable des années 2000, qui avait marqué toute une génération avec son classique La Mère des enfants perdus.

Rim’K et Limsa d’Aulnay sont des « Enfants perdus » !

La composition instrumentale du morceau est signée Rosaliedu38 et Esone. Rosaliedu38 s’est notamment illustrée auprès de PLK sur les morceaux « Bleu & Rouge » et « Tu dors ? », mais aussi avec Ziak sur « La tombe de Marley ». De son côté, Esone collabore principalement avec Ptite Soeur. Ensemble, les deux producteurs livrent une instrumentale à la fois sobre, mélancolique et puissante, laissant aux deux rappeurs tout l’espace nécessaire pour déployer des textes empreints de vécu :

« Quand t’as grandi à la campagne avec des vaches, des poules et des paysans
Eh, Aulnay-sous’ et Vitry, c’est dépaysant »

Ou encore :

« On était des enfants perdus, mais nous, on n’avait pas d’Fée Clochette »

Rim’K répond avec la même lucidité brute :

« La Mort se balade en scooter, écouteurs, le shooter, il est jeune, il est mineur »

Avant d’ajouter :

« J’m’attache pas au matériel, j’t’insulte dans ma langue maternelle »

Le visuel, tourné au Boulevard de la Chapelle, est signé Nexlab. Le réalisateur s’est déjà illustré derrière « Humeur » de Rodes, « Bail » de DTF ou encore « OK » de Kodes. Fidèle à son esthétique, le metteur en scène joue ici avec des couleurs désaturées, des lumières froides et des décors urbains grisâtres qui renforcent la dimension mélancolique du morceau.

RA2 – Ratata

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RA2 franchit une nouvelle étape dans l’affirmation de son identité artistique avec “RATATA”, un titre à l’énergie instantanée. Originaire de Beausoleil, l’artiste s’inscrit dans une dynamique où se croisent sonorités afro, influences urbaines et sensibilité mélodique, avec une ambition claire : faire vibrer tout en racontant.

Avec “RATATA”, RA2 explore une facette plus brute et instinctive de son univers. Pensé comme un morceau explosif, festif et percutant, le titre impose dès les premières secondes une intensité sans filtre. Ici, aucune montée progressive : l’impact est immédiat, presque viscéral, comme une signature sonore qui s’imprime dès la première écoute.

La production, assurée par RA2 lui-même aux côtés de Othniel Beats, 1CONITO, Arketyk et Ibrahim Bennari, constitue le socle de cette efficacité. Rythmiques entraînantes, textures nerveuses et construction pensée pour maximiser l’impact : tout converge vers un seul objectif, celui de faire de “RATATA” un morceau taillé pour le mouvement. Une alchimie sonore qui reflète pleinement l’ADN de l’artiste, entre maîtrise de l’énergie et intention affirmée.

Si RA2 s’est jusqu’ici illustré par sa capacité à naviguer entre émotion et mélodie, “RATATA” marque un virage plus frontal. Le morceau met en avant une présence plus incisive, où l’intensité prend le dessus sans jamais rompre avec la cohérence globale de son univers.

Avec ce nouveau single, RA2 confirme une évolution maîtrisée, capable d’alterner les registres tout en conservant une ligne artistique claire. “RATATA” s’impose ainsi comme un titre conçu pour marquer durablement les esprits et faire bouger, tout en consolidant l’identité d’un artiste en pleine affirmation

 

Sena tourne “Extralucide” au Japon

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Sena poursuit l’édification patiente de son univers en dévoilant le clip de “Extralucide”, nouveau single extrait de “Citadelle”. Une sortie qui vient confirmer, avec davantage de relief encore, la cohérence artistique d’un rappeur pour qui l’image, la narration et la texture sonore s’entremêlent jusqu’à devenir indissociables.

Avec “Citadelle”, Sena dépasse la simple succession de morceaux pour proposer une véritable œuvre pensée dans sa globalité. Conçu comme une forteresse intérieure, le projet s’articule autour de notions de protection, de recul et d’introspection. Chaque titre vient s’ajouter à l’édifice, comme une pierre supplémentaire, esquissant les contours d’un espace mental où l’artiste confronte ses contradictions, ses doutes et ses aspirations. Il en résulte une œuvre dense, structurée, où la cohérence d’ensemble prévaut sur l’immédiateté.

Dans cette architecture minutieuse, “Extralucide” s’impose comme un point d’observation privilégié. Le morceau traduit cette capacité à prendre de la hauteur, à analyser le réel avec une lucidité presque clinique, tout en conservant une tension émotionnelle sous-jacente. L’écriture de Sena, toujours aussi visuelle et évocatrice, s’appuie sur des images marquantes et une narration fluide, renforçant cette impression d’immersion dans un univers à la fois introspectif et cinématographique.

La production, signée Freaky Joe, constitue l’un des piliers de cette alchimie. Habitué à travailler aux côtés d’artistes tels que SCH ou Djadja & Dinaz, le beatmaker — également à l’origine de “Marginaux”, collaboration marquante entre Dinos et SCH — livre ici une instrumentale d’une grande finesse. Entre nappes aériennes, textures cristallines évoquant le xylophone et rythmique incisive, la production joue sur les contrastes avec précision, offrant à Sena un écrin sonore parfaitement maîtrisé.

Sur le plan visuel, l’exigence reste intacte. Tourné au Japon par MoonFull Corp, le clip prolonge cette dimension contemplative et immersive. Ce choix de décor, loin d’être anodin, accentue les thématiques de décalage, d’isolement et de quête de sens qui traversent le projet. Fidèle collaborateur de l’artiste — déjà présent à ses côtés lors d’un tournage à Tchernobyl —, le collectif signe ici une réalisation précise et maîtrisée, où chaque plan semble dialoguer avec l’atmosphère du morceau.

À travers “Citadelle”, Sena affirme une vision artistique claire : celle d’un rap introspectif, cinématographique, pensé comme un ensemble cohérent plutôt qu’une juxtaposition de titres. À rebours des logiques de consommation rapide, il privilégie la construction d’un univers durable, qui se découvre dans sa globalité. “Extralucide” s’inscrit pleinement dans cette dynamique, comme une pièce supplémentaire venant consolider un édifice déjà solidement ancré.

Avec ce nouveau single, Sena confirme une progression maîtrisée, fidèle à une ligne directrice qu’il ne dévie jamais. Une manière de rappeler que derrière chaque sortie se dessine une vision d’ensemble, pensée sur le long terme, où chaque détail participe à l’équilibre global.

Dadeesy avec “5-6 Coups de flammes”

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Dadeesy continue de tracer sa route, loin des automatismes. Avec “5-6 coups de flammes”, il change légèrement de posture sans trahir son ADN : moins dans la confession, plus dans l’affirmation, mais toujours avec cette sensibilité en arrière-plan.

Ici, l’artiste s’essaie à un égotrip maîtrisé, porté par une rythmique en percussions qui donne au morceau une dynamique presque organique. Le titre avance comme une montée en tension, entre phases posées et élans plus marqués. Une énergie contenue, qui ne cherche pas l’explosion mais plutôt la précision.

Ce qui frappe, c’est ce contraste constant entre la forme et le fond. D’un côté, une attitude plus assurée, presque détachée. De l’autre, une interprétation qui laisse filtrer une certaine fragilité. Dadeesy reste dans cette zone floue, entre contrôle et lâcher-prise, et c’est précisément ce qui donne au morceau sa singularité.

Sur le plan sonore, les influences R&B restent omniprésentes, mais elles viennent se fondre dans une structure plus rythmique, plus sèche. Le résultat : un morceau hybride, qui refuse de choisir entre mélodie et impact.

Encore en construction, Dadeesy ne cherche pas à figer son identité trop tôt. Il teste, ajuste, affine. “5-6 coups de flammes” en est une nouvelle preuve : une pièce supplémentaire dans un puzzle en train de se former.

Dans un écosystème où tout va vite, il fait le choix de prendre le temps. Et ça pourrait bien faire la différence.

Favé et R2 sont “Comme avant” !

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En 2025, Favé confirme son statut avec la sortie de “Pleins Phares”, un projet porté par des collaborations avec Timar, Genezio, Jolagreen23 et SDM. Dès sa première semaine d’exploitation, l’artiste cumule près de 4 000 ventes. Un démarrage à relativiser au regard de “Il le fallait”, son précédent opus dévoilé en 2023, qui flirtait avec les 10 000 unités sur la même période. Mais au-delà des chiffres bruts, Favé s’inscrit dans une logique de consommation propre à la nouvelle génération : celle d’un artiste dont l’impact se mesure sur la durée, à travers le streaming et la viralité. Dans cette perspective, la baisse apparente des ventes reste peu “pertinente”.

Signé au sein de Morning Glory, le label fondé par Bellek en licence chez Believe, le rappeur évolue dans un environnement qui mise résolument sur la jeunesse et le renouvellement. Une direction artistique incarnée par des profils émergents et prometteurs tels que Bag Jeune B, Yoko, ou encore Decimo.

Dans cette dynamique, et alors qu’un nouveau projet semble déjà en préparation, Favé dévoile le visuel de “Comme avant”, en collaboration avec R2. Un single aux accents estivaux, pensé pour accompagner les beaux jours.

Favé et R2 sont “Comme avant” !

À la production, Bellek et Lusoneo signent une composition fidèle à leur signature sonore. Le duo, pilier du label Morning Glory, multiplie les collaborations avec ses artistes tout en s’ouvrant à d’autres horizons. Ils sont notamment derrière des titres comme “Alabama Barker” ou “Tout donner” pour Favé, mais aussi “Oumar” de Decimo ou encore “Smarties”. Ici, la production s’appuie sur une rythmique subtilement teintée de baile funk, insufflant au morceau une énergie solaire et entraînante.

Entre gimmicks accrocheurs et punchlines efficaces, Favé et R2 imposent une ambiance festive :

“Bébé, je parle de toi, t’entends pas mes CD / Des fois, faut mettre de côté les sentiments”

Le visuel, réalisé par Baeby Mama, s’inscrit dans une esthétique léchée et immersive. Tourné dans un décor de rêve, probablement dans le sud de la France, il prolonge parfaitement l’atmosphère du titre. La réalisatrice, reconnue pour son sens du détail, s’est notamment illustrée aux côtés de La Rvfleuze sur “Verisure”, mais aussi avec Dinos et Bamby sur “Paulin Paulin Paulin”, ainsi qu’avec Niro sur “Assimilé”.