En 2023, Landy marque un tournant dans sa carrière avec la sortie de “Brave”. Porté par des collaborations avec Gu2bezbar, Gazo, Rsko, SDM et Ronisia, le projet s’impose rapidement comme une pièce majeure de sa discographie, jusqu’à décrocher une certification disque d’or. Après cette consécration, l’artiste du 93 choisit de prendre du recul, s’éloignant temporairement des sorties musicales.
Deux ans plus tard, en 2025, Landy signe un retour remarqué avec “Brave 4”, un freestyle incisif qui prolonge sa série emblématique. Dans la foulée, il enclenche une dynamique particulièrement soutenue, enchaînant les sorties avec une régularité impressionnante. Le rappeur, désormais installé chez All Points, dévoile successivement : Beaux quartiers – La Grinta – Juské – Tu veux quoi (feat. Franglish) – Coaché (feat. MC Menor JP) – Cantona – Wow, avant de conclure cette séquence avec “Ronnie Kray”, en collaboration avec Tiakola.
À travers cette série de titres, Landy explore l’ensemble de sa palette artistique. Chaque featuring devient un terrain d’adaptation, où il module son écriture, ses placements et ses intentions pour mieux dialoguer avec l’univers de ses invités. Aux côtés de Tiakola, tout juste sorti d’un projet commun avec Gazo et d’un opus solo, l’ambiance se fait plus aérienne, glissant vers une esthétique plus mélodique et résolument orientée pop urbaine.
Landy et Tiakola font comme “Ronnie Kray”.
La production instrumentale, signée par Zafy, Raedwav, OFZECROSS et Scvrla, accompagne parfaitement cette évolution. Zafy, compositeur multi-instrumentiste maîtrisant notamment le saxophone et le piano, s’est récemment illustré aux côtés de Richie Beats sur le titre “Tu vis, t’apprends”. De leur côté, Raedwav et Scvrla, proches collaborateurs de Leto, apportent une signature sonore cohérente avec leur parcours commun. Enfin, OFZECROSS, fidèle à l’univers de Landy, complète cette équipe avec une production à la fois subtile et maîtrisée.
Portée par une mélodie de piano délicate, la composition se distingue par sa douceur et son équilibre. Landy et Tiakola privilégient ici une approche plus chantonnée, délaissant partiellement le rap pur au profit d’une interprétation plus émotionnelle.
Sur le fond, les deux artistes évoquent la réalité du quartier sans tomber dans la glorification, préférant mettre en lumière les cicatrices, les trajectoires et la résilience qui en découlent.
“Et vu l’atmosphère dans les coins sombres, les dénouements se jouaient à pas grand chose
L’un après l’autre, les soldats tombent, c’est pour eux j’dois finir en apothéose”
Le visuel, réalisé par Bishop Nast, s’inscrit pleinement dans cette intention artistique. En installant un piano au cœur de la cité, le réalisateur crée un contraste fort entre fragilité et environnement urbain. Habitué des productions marquantes pour Gazo, Roshi, ou encore Dinos et Zed sur “Stacks”, il confirme ici sa capacité à proposer des images à la fois symboliques et percutantes. Il est également à l’origine du film “D BLOCK Afrique”, réunissant plusieurs figures importantes de la scène.


