Finies les veuves épleurées des années 90′, ou les choristes qui désormais ont été remplacées par l’autotune, le Rap fait sa révolution. Les nouvelles rappeuses s’appellent Shay, Liza Monnet, Aya Nakamura ou encore Malaury et Lina Mahyem. Elles n’hésitent pas à mettre en avant leur féminité contrairement à leurs grandes soeurs Diam’s et Keny Arkana. Le Rap ne peut plus se passer d’elles.

La grand mère du Rap français c’est Lady Lastee. La chanteuse reprend dans son énorme tube “Et Si” avec un phrasé à faire pâlir d’envie le plus talentueux des rappeurs des 90′ quelques rimes lancées pour rendre hommage à son frère disparu. Pour concurrencer les hommes sur leur terrain, Lady Lastee fronce les sourcilles et mais joue un peu de son physique et de sa féminité.

Diam’s et Keny Arkana sont aussi de l’école Lady Lastee. Les deux rappeuses n’ont rien à envier aux mecs. Pantalon, baggys, coupe à la garçon pour Diam’s, quelques fois elles font preuve d’encore plus d’engagement que les hommes. A cette époque pour réussir dans le Rap, il faut être un mec.

Côté Diam’s son engagement contre le Front National qu’elle perpétue aujourd’hui en tant qu’écrivain a fait le tour du Paf. Keny Arkana plus deep et plus altermondialiste touche aux sujets sociaux les plus vastes.

Ce n’est pas vraiment que ces femmes rejettent leur féminité. Peut être que leur message est plus important à leurs yeux que leurs formes ou leurs belles gueules. Mais incontestablement, elles reprennent les codes du Hip Hop masculins.

Puis il y a l’autre école… Celle des chanteuses de R’n’B. Très féminine mais rarement impertinente dans une France qui a eu un mal fou pour se sortir de la société patriarcale, les chanteuses jouent souvent le rôle de veuves épleurées… ou de femmes amoureuses. Elles touchent un autre public que les rappeuses.

L’exemple le plus flagrant de cette opposition de style entre rap et r’n’b vient sans doute du featuring entre Diam’s et Vitaa qui met en lumière les deux écoles qui à l’époque dominaient dans le Rap Jeu.

Puis Nicki Minaj, Cardi B, Mary J Blige, et les américaines sont passées par là et depuis la femme s’assume, assume sa féminité et son discours. Il y a de plus en plus de rappeuse dans le Rap. En commençant par Chilla, proche de Sofiane, Kery James et Youssoupha, la jeune femme ne perd rien de sa féminité lorsqu’elle #Balancetonporc ou s’engage comme aucune autre chanteuse dans le mouvement #MeToo. Elle n’a rien d’une veuve épleurée lorsqu’elle “plie” le cercle de Sofiane.

Il y a bien entendu Shay pionnière en la matière, la “Jolie Garce” ne va pas se cacher derrière des doudounes. Ultra sexy, elle joue de son physique irréelle dans clips ultra hot et superbement réalisé, la qualité artistique est au rendez vous. Avec des textes ultra crus, un rap très remuant et énervé, elle n’a rien à envier au gangsta rappeur. Shay c’est une image pas seulement, pas besoin d’être un garçon manqué pour être féministe.

Encore plus avant, il y a Liza Monet. Il s’agit elle aussi d’une pionnière en la matière. Dès ses débuts, la jeune femme a été qualifiée de Nicki Minaj à la française. Et pour cause, complètement iconoclaste, elle porte des vêtements de nonnes dans un clip. Elle n’hésite pas à déclarer en Interview que cela n’a rien de choquant, que ses coreligionnaires masculins font bien pire en toute impunité.

Le réel mot d’ordre dans tout ça en réalité, c’est liberté et égalité de traitement.

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