Il fallait bien que ça arrive. Échaudé par plus de 15 jours passés à broyer du con dans le sacro-saint et très ennuyeux XIV ème arrondissement de Paris, j’ai pris mon Uber à deux mains et je me suis rendu sur la terre sainte d’Oberkampf. Bastille de plus en plus beauf, Belleville peut être trop touché par les grèves Oberkampf me semblait le lieu idéal pour rompre le cercle vicieux “réveil, boulot, dodo” dans lequel je me suis lamentablement enfermé pendant des semaines. Mais la magie des choses a fait que je me suis retrouvé au Café des Anges à Bastille. A peine attablé S.E m’a rejoint….

Ah oui, j’oubliais de dire que le Taxi à l’aller m’a coûté 30 euros et des poussières. Je me demande ce que j’ai le plus détesté, les conversations foireuses et assez redondantes sur la concurrence trop déloyale des Ubers ou plutôt le fait que le type se soit un peu vexé que je ne lui paie pas de pourboires. Il aura beau crier qu’il préfère 100 x faire beaucoup de petits trajets, les transports m’auront coûté beaucoup plus que la soirée en elle même…

Donc SE m’a rejoint. Enfin il est passé devant moi, sans me reconnaître, tout de noir vêtu, sans se rendre compte de ma présence. Puis il a tourné autour du bar avec son mobile ce qui m’a beaucoup amusé quand je l’ai finalement appelé. La première sentence qu’il a invoqué et elle est pas des moindre : “Y a trop de PD qui signent”. Je n’ai pas très bien compris la remarque. Alors que je me suis dit qu’il était bourré. En le regardant davantage, et en sentant son haleine, mes doutes sont devenus des certitudes. Il oscillait entre agressivité gratuite et phrases qui n’ont aucun sens. SE qui est écrivain à ses heures perdus parlait comme dans un titre de PNL : une conversation planante où les tenants rejoignent les aboutissants dans un mélange lunaire et quelque peu incompréhensible. On a commandé un whisky et une bière. Tandis que SE me faisait la quadrilogie de “Y a que les PD qui signent” un peu sur le modèle de Béné, j’ai décidé de casser la mauvaise ambiance et lui ait demandé de me rejoindre Rue De La Lappe.

On est parti dans le petit San Sebastian français rue de lappe. Et là j’ai trouvé un bar avec un match de football. SE est parti aux toilettes. J’ai repris un whisky. En revenant, il est passé devant le bar, a oublié sa bière, il est sorti, m’a cherché. Il est resté 5 minutes dehors, il est revenu tandis que le barman lui faisait des grands signes. Et après un quart d’heure SE m’a retrouvé. Alors il s’est rappelé de son verre. La serveuse lui a emmené. Il a roulé joint dans le bar au souvenir de nos heures perdues à Amsterdam. Il est sorti deux fois pour le fumer. Il n’était absolument plus en mesure de parler à ce moment là. Puis en grand Gargantua des temps modernes, il a reniflé et avalé goulûment sa bière avant de me saluer et de partir.. Pendant ce temps là je regardais Manchester City – Leicaster. Je me suis dit à ce moment là que je ne regardais le foot que quand je me faisais chier. La serveuse est venu vers moi pour me demander si je comptais pas le verre de SE qui s’était barré. Ben j’ai payé la mort dans l’âme.

J’ai cherché un taxi, puis un Uber, puis un taxi, j’ai marché 30 minutes et je suis revenu au point de départ avec la sensation du devoir accompli. Quelques fois dans la vie pour ne citer qu’un sketch des inconnus : il faut savoir perdre.

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