C’esti au Festival de Cannes que commence l’histoire incroyable de Ladj Ly. La troisième tête de Kourtrajme avec Kim Chapiron et Romain Gavras remporte le sésame du prix du Jury au prestigieux festival. Le festival français au même titre que l’Ours d’Or à Berlin, et que la Mostra de Venise a pour habitude de récompenser un autre regard sur le cinéma. Ancêtre de Ladj Ly à Cannes, Mathieu Kassovitz avait lui aussi empoché un prix pour “La Haine” ainsi qu’Abdellatif Kechiche le réalisateur de “L’esquive” pour un film dans un tout autre style “La Vie d’Adèle”.

Le Festival de Cannes a donné à Ladj Ly une légitimité dans certains milieux. Mais cette légitimité là, le réalisateur n’en avait absolument pas besoin tant il a décrit avec humilité et sans tomber dans le manichéisme le malaise de la banlieue. Suivant une brigade Police toute une journée en prise avec une grosse bavure, il explore les antagonismes d’un Montfermeil qui n’a pas beaucoup changé depuis que Victor Hugo l’a choisi pour devenir le théâtre de sa tragédie éponyme. C’est entre les trafiquants en tous genres de bonnes ou de mauvaise volonté, devant une montée de l’Islam et pas forcément de l’Islamisme, entre une Police désespérée et une police violente et raciste, que Ladj construit le drame d’une jeunesse dont personne ne veut vraiment prendre la responsabilité. Il n’y a pas de méchants, pas de gentils, tout le monde participe à ce drame social.

Le succès pour Ladj Ly est tout simplement impressionnant. En janvier 2020, le Film “Les Misérables” a totalisé près de 1,8 millions d’entrée au cinéma. C’est aussi bien qu’une production Marvel ou que les comédies françaises qui sortent chaque année pour les fêtes de Noël. Ladj Ly a réussi à fédérer autour de son film. Et le film est désormais distribué partout à l’étranger en Europe et même aux Etats Unis.

On a appris il y a quelques minutes que Ladj Ly était sélectionné dans la catégorie “Meilleur Film en langues étrangères” à la prestigieuse cérémonie des Oscars. Il porte très haut les couleurs de son 93. Il y a pourtant un légère ironie dans cette nouvelle. Il y a 20 ans c’est “Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain” qui était nommé dans cette même catégorie aux Oscars. Plus qu’un symbole, il marque une évolution inéluctable. La France refuse de se voiler la Face.

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