Dark est une série allemande qui racontent l’histoire d’une bourgade tout à fait particulière. Comme dans le Twin Peaks de David Lynch, elle prend place dans une ville tout à fait banal en apparence. Mais comme à l’accoutumé ce calme plat cache en réalité de lourds secrets. Le Pitch, un enfant disparaît suivi par quelques autres. Les familles touchés par les disparitions tentent de retrouver leurs proche. Cette quête de vérité les amènera au sens littéral du terme, à voyager dans le temps.

La série créée par les deux show runners  Baran bo Odar et Jantje Friese commence sur une citation de Friedrich Nietzsche  (saison 2) :

“Quand tu regardes longtemps l’abîme, l’abime regarde aussi en toi”

Friedrich Nietzsche 

Si les deux showrunners sont de véritables adeptes du philosophe allemands c’est qu’il a réussi plus qu’aucun autre dans un sens à contrecarrer nos certitudes sur le monde surtout dans son ouvrage “La Généalogie de la Morale”.  Baran bo Odar et Jantje Friese sont deux débutants en termes de Show télévisés. Avec l’innocence du profane en ce domaine, ils partent de quelques clichés pour finir sur une sublime tragédie empreinte de fatalité et de destin, qui n’est pas sans rappeler, les tragédies des Atrides.

La saison 1 commence pourtant comme un épisode des “Experts”. Un enfant disparaît dans d’étranges circonstances dans une bourgade tranquille. Jusque là rien de nouveau. Au fil des épisodes, on se rend compte pourtant que la bourgade allemande en question est “dotée” d’une faille temporelle qui permet à certains de ses habitants de voyager. Et ils ne s’en privent pas.

Dark n’est pas une pure oeuvre de science fiction. Car les “voyageurs” que l’on retrouvent à différentes époques tous les 33 ans depuis l’entre deux guerre jusqu’au futur ne cessent de reproduire la même histoire. Ils se voient eux même reproduire à l’exacte les mouvements qu’ils les mèneront à l’apocalypse.

Dark servi par une bande d’acteurs méconnus et pourtant terriblement crédibles met en scène une tragédie générale où les différents protagonistes participent activement à leurs propres pertes sans pouvoir se dérober à leur destin… Elle met en scène également de petites tragédies comme celle du jeune Mikkel. Perdu dès l’enfance dans le passé à cause d’un voyage non désiré, il est condamné à subir les infidélités de sa femme avec son propre père (puisque 33 ans plus tard il se retrouve dans le “temps ” où il est né). Et c’est son suicide qui lance les hostilités de cette tragédie des Atrides très “contemporaine”.

Oui car comme dans les tragédies grecques qui commencent par le règne d’œdipe, tous les personnages de Dark sont frappés par une malédiction que l’on appelle le destin.

La deuxième saison vient tout juste d’être dévoilée et la troisième saison est déjà prévue. Mais elle pose une autre question. La série européenne est de plus en plus efficace avec des blockbuster comme La Casa De Papel (Espagne) , Black Mirror (Anglaise) ou Dark(Allemande) justement. La France qui jusqu’à aujourd’hui a toujours tenu le haut du pavé avec son septième art a énormément de mal à s’adapter à la nouvelle donne audiovisuelle surtout en termes de qualité. Peut être que le renouvellement dans l’audiovisuelle n’a pas eu lieu.

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