Marqueur générationnel par excellence, le rap n’en reste pas moins un éternel recommencement. La forme évolue, mais qu’en est-il du propos ? Après quasiment quarante ans d’existence, notre bon vieux hip-hop national commence à devenir un vieux con avec des idées trop arrêtées. Pour vous, j’ai répertorié dix lieux commun du rap français. Dix occurrences, qui, personnellement, me foutent la rate au court-bouillon. Bien à vous.

1) « Je fais plus d’argent en une seule journée que toi en une année de travail »
Si c’était le cas, mon con, tu n’aurais plus besoin de gueuler des âneries au micro pour soudoyer une jeunesse en manque de repère. Aussi, tu t’abstiendrais de gesticuler comme une pute, déguisé en panneau publicitaire qui plus est.

2) « Les gens qui étaient vrais sont devenus faux depuis que j’ai du succès », « On reconnaît les vrais amis, les vestes se tournent » (etc…)
Ecoute gamin, ce n’est pas parce que tu es un mec égocentrique doublé d’un paranoïaque en puissance que les vrais visages vont se révéler après tes 2000 vues sur Youtube. Calm Down ! La vérité c’est que personne ne te calcule !

3) « Je n’ai pas une minute à perdre avec la gent féminine, mon principal intérêt dans la vie réside dans l’accumulation et la dépense effrénée de richesses. »
Eh dis-donc, tu ne serais pas un peu à voile et à vapeur toi, des fois ?

4) « Je gravite dans un réseau dangereux principalement composé de voyous et dealers déterminés. »
En vérité t’es chouf et t’es payés en boulette de shit… ouvre-les yeux boy ! Dans ton équipe, tu fais office de bouffon… tu es ce gars qui ne paye pas de mines mais qui amuse la galerie… on te tolère parce que t’es un peu le souffre-douleur, on peut te mettre des coups de pression pour se divertir et ça délie un peu l’ambiance quand il fait froid et que le yencli se fait rare…point barre…

5) « Je consomme de l’herbe pour oublier mes soucis. »
As-tu déjà essayé de voir les choses sous un autre angle ? Peut-être que la plupart de tes soucis découlent directement de tes problèmes de drogue, ne penses-tu pas ? A méditer ! Début Novembre, c’est le mois sans tabac, tu devrais en profiter !

6) « Je méprise l’humanité dans son ensemble, à l’exception de ma mère, qui est une sainte. »
Ouais bah ta mère elle m’a passé un coup de fil, elle en a ras-le-cul de te voir te dandiner en survet moulant sur Internet. Fais-lui plaisir, inscris-toi à une formation, trouves-toi une femme et délaisse ce narco-capitalisme agressif qui te rend complétement chèvre. A bon entendeur !

7) « Je suis la bête noire de la police ! Avec mes amis nous les effrayons, si bien qu’ils n’osent plus nous contrôler et qu’ils nous évitent. »
Ouais, mais en attendant c’est toi qui te chies dessus quand tu croises la cavalerie au rond-point ! Si tu vendais tout ce shit au lieu de le fumer, tu serais sans doute un peu plus lucide à ce propos ! Et baisse le son, ou le voisin va encore les appeler pour tapage !

8) « Je consomme du sirop pour la toux avec du sprite et par mon flow lancinant, je suggère que cela me rend plus créatif et plus séduisant.»
Et dire que l’autre fois, on t’a vu zigzaguer dans la rue avec un flacon de Toplexil… tu pousses le bouchon, boy. Le sizzurp que boivent tes idoles contient deux principes actifs (codéine + prométhazine) dans un sirop qui ne connaît pas d’équivalent en France, ni en Europe. Tu peux toujours essayer de te démerder pour en faire importer des US, mais franchement ça fait cher la défonce, t’économiseras environ cent balles si tu te contentes de la bouteille de pastis que ton daron planque derrière sa pile de Télé-Loisir.

9) « Nous sommes toujours très nombreux, souvent entre mecs dans des espaces restreints, et ensemble nous pratiquons le passage à tabac, le racket en bande organisée et autres courses automobiles à très vive allure.»
Cesse donc de te complaire dans la violence et la promiscuité, boy… c’est vrai qu’on est tellement mieux à quinze dans une Clio, à s’embrouiller pour une frite ou pour la dernière lampée de vodka-schtroumpf…c’est pas pour ça que tu réinvestis l’argent du shit dans le son, d’ailleurs…

10) « J’ai vendu mon âme au diable afin d’évoluer dans les hautes-sphères de la société. »
Ton âme elle est toujours là, par contre ta collection de B.D tu l’as bien bazardée au Cash Center du coin pour une somme modique…tout ça pour enregistrer un morceau pété sur une face B générique… on entend encore le tag du beatmaker, putain ! Tu l’as volé, ce beat, dugenou ! Rends-le à son propriétaire !

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