En octobre 2023, Jewel Usain dévoilait son opus « Où les garçons grandissent », un projet charnière dans sa discographie. Pensé comme son « premier vrai » album, il s’imposait par une direction artistique affirmée et une cohérence rare. Sans jamais revendiquer une esthétique old school, l’artiste en a pourtant conservé l’essence : celle d’un projet construit, réfléchi, loin de la simple accumulation de singles. Entouré d’artistes à son image, comme Prince Waly ou Saintdoss, Jewel Usain dessinait déjà les contours d’un univers exigeant et personnel.
Puis, comme il le glisse lui-même dans « Ikebukuro » :
« Deux piges sans album, tu la fermes quand t’as rien à dire / C’est plus facile pour baiser et j’sais joindre l’utile à l’agréable ».
Une manière directe d’assumer le silence, la retenue, et le temps nécessaire à la création. Aujourd’hui, Jewel Usain signe son retour avec « Ikebukuro », un titre qui puise son imaginaire dans ce quartier emblématique de Tokyo, véritable carrefour urbain connu pour sa vie nocturne et son effervescence commerciale.
Jewel Usain revient avec le titre « Ikebukuro »
La composition instrumentale est signée Béesau, fidèle collaborateur de Jewel Usain. Un duo qui s’inscrit dans la continuité, avec des titres marquants comme « Poussière », « Incapable », « Compliqué », « Nouvel export », « OLGG » ou encore « Bleu Marine ». Béesau s’est également illustré aux côtés de Disiz sur des morceaux comme « L’amour » et « Sublime ». Ici, la production, inspirée par l’imaginaire japonais du titre, distille une subtile coloration manga, jamais caricaturale, qui enrichit l’atmosphère sans la surcharger.
Sur cette base, Jewel Usain déroule un égotrip sans refrain, dense et maîtrisé, en à peine deux minutes, prolongé par un clip scénarisé de quatre minutes :
« On veut sortir la tête de l’eau comme tous les amphibiens
Regarde comment mon flow épouse la prod
J’connais des gens qu’auront pas l’luxe d’se marier aussi bien »
Le visuel, réalisé par Kidhao, navigue entre la France et le Japon. D’une première séquence rurale à une course en go-fast, jusqu’à une arrivée dans un restaurant du quartier d’Ikebukuro, le clip déploie une narration fragmentée, presque « surréaliste » — au sens d’un fil de pensée qui dépasse la simple logique narrative. L’image épouse parfaitement le flot verbal de Jewel Usain, créant une véritable symbiose entre son et image, à la frontière de la poésie visuelle.
Kidhao, habitué de l’univers de l’artiste, avait déjà contribué à façonner son esthétique visuelle sur des titres comme « Incapable », « Turquoise » et « Eleanor », confirmant une collaboration artistique cohérente et durable.


