Si l’artiste s’aventure vers des teintes plus pop, son propos, lui, ne perd rien de sa profondeur. Il continue de fustiger le matérialisme ambiant et la spirale de violence dans laquelle s’enfonce notre société. Sur ce morceau, il partage le micro avec Jewel Usain, un partenaire de plume et d’exigence, pour un échange d’une rare justesse.
Souffrance et Jewel Usain te disent : « À plus tard » !
La production, signée non pas par Tony Toxik mais par Stab, s’inscrit dans une veine plus classique, subtilement fermée. Ce dernier, déjà à l’origine du titre Phœnix pour L’Uzine, a également collaboré avec Youssef Swatt’s sur Nostra Culpa et avec Furax Barbarossa sur Freestyle de la goutte d’eau. Une instrumentation sobre, à l’image du style de Souffrance : sans artifice, mais d’une efficacité redoutable.
Les punchlines s’enchaînent :
« J’t’ai dit d’aller niquer ta mère avec tes mille-sept par mois
Et tu m’regardes comme si j’étais un SDF qui refuse un toit
Ou un vieil alcoolique qui refuse un foie »
Le clip, réalisé par Joshua Megüira et Khidao, prolonge cette atmosphère minimaliste et intimiste. On retrouve Joshua Megüira derrière la caméra sur le clip Vide de Sicario, tandis que Khidao — récemment à la mise en scène du percutant Bordel de Kekra — a signé la direction artistique de l’ensemble des visuels du dernier projet de Jewel Usain. Conceptuel et sobre, le clip place les deux rappeurs dans une chambre, filmés en plan fixe, laissant toute la place à la performance. Pas de Ferrari ni de décor clinquant : ici, la force du propos prime sur le spectacle. L’intensité se trouve dans les regards, les mots, et la sincérité brute de l’image.


