« Isolerad » : Un film suédois puissant sur les paranoïdes !

Le film de Johan Lundborg et Johan Storm est tout simplement édifiant. Il suit un jeune étudiant en médecine à Göteborg qui se prend d’amitié pour une femme battue. D’abord envahissante pour ce norvégien d’origine complètement aliéné par la compétition interne dans la faculté, la jeune femme interprétée par Ylva Gallon finit par le convaincre qu’il y a une vie après la fac. Mais de fil en aiguille, l’apprenti médecin, commence par se prendre pour un héros avant de sombrer dans une schizophrénie type 2 emporté par la peur du mari violent qui l’emmènera dans la folie.

L’intérêt de « Isolerad » est basé sur la confrontation d’un étudiant en médecine complètement matrixé par sa propre réalité avec celle d’une femme qui vit l’enfer de la violence. Le mari en question, et c’est là, le point du faible de ce long métrage est une véritable caricature. Biker, agressif, violent, et bruyant, il est l’archétype de l’homme violent avec les femmes alors que l’on sait que tous les hommes quelle que soit leur origine ethnique, sociale ou culturelle sont potentiellement violents. Mais le film est intéressant tant le corps étranger introduit dans la vie ultra réglée de cet étudiant en médecine va le faire basculer dans la folie.

Après il y a un second intérêt. Même après la fin du film, on ne sait où commence et où finit le fantasme de l’étudiant en médecine. Tout ce que l’on sait c’est qu’il participe activement à la tragédie finale du film. La mise en scène enchaîne au moment fort du film les scènes d’isolement dans l’appartement. C’est une symphonie de la peur.

En toile de fond, on retrouve la lâcheté des rapports humains dans nos sociétés déshumanisés.

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