Plus fine, moins stéréotypée, pas toujours policière, la série devient un art “so british” depuis une petite dizaine d’année. Outre l’excellent “Black Mirror”, une petite production défraie la chronique sur Netflix, il s’agit de “The End Of The Fucking World”. “Black Mirror” dépeint avec une exactitude mathématique tous les excès dans lequel notre monde a plongé en prenant la voie du film de genre. La révolution numérique fera autant de dégâts que la révolution industrielle. Comme son grand frère, “The End Of The Fucking World” a un véritable côté subversif. Elle met l’accent sur l’histoire deux adolescents complètement marginaux : un psychopathe et une fille à problème. Leur histoire qui commence comme souvent dans un lycée fini dans une forme de roadtrip catastrophique en guise de voyage initiatique.

C’est peut être là le plus beau symbole de l’adolescence d’aujourd’hui que cette fugue à deux, libératoire, et à la fois très étrange. Leurs conversations, les circonstances et les situations loufoques auxquelles ils sont confrontées, les placent toujours entre le rêve et la réalité. Au cours du premier épisode, le héros tente de tuer l’héroïne de la série. Il prémédite son geste de longue heures s’étant acharnées jusque là sur de pauvres animaux sans défenses (sic !) puis la réalité reprend le dessus.

Et si cette jeunesse qui vit entre deux écrans, deux crises financières graves, et qui subit la déshumanisation forcée de toutes nos sociétés ne rêvaient pas de gloire et d’argent. Loin de généraliser le cas de ces deux marginaux qui vivent avec une soif de liberté sans limites, et tentent de s’émanciper loin de nous, “The End Of The Fucking World” est la meilleure réponse à cette optimisme forcée “qu’on appelle aujourd’hui : reste positif”, et qu’on appelait autrefois “La Méthode Cauet”.  C’est parti pour une saison 2 apparemment… Restez brancher !

“Les seules personnes qui voient la totalité du tableau sont celles qui sortent du cadre.”

 

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