Avec “The Plot against America”, la naturaliste David Simon connu pour disséquer une réalité dans ses moindres détails, use du conte philosophique de l’ère lumière pour réveiller une Amérique endormie….

David Simon est le fondateur de la série “contemporaine” avec un certain Tom Fontana, et peut être un certain David Lynch. Les maîtres à penser de “The Wire“, “Oz” et “Twin Peaks” ont réinventé un format perdu dans les séries B type “Côte Ouest” ou “Dallas” dans les années 80 et 90. Derrière le succès de Tom Fontana et Simon, il y a d’abord une invention structurelle avec la mise en place du Showrunner, pas uniquement scénariste, pas uniquement metteur en scène, qui dirige la série de A à Z comme un véritable chef d’orchestre. En France seule la série “Le Bureau des Légendes” s’est arrogé pour le moment ce type d’organisation.

Il y a aussi une grande différence dans le ton loin dans le ton de leurs séries qui tentent de s’éloigner au possible d’une vision trop lisse des problèmes qu’ils traitent respectivement (l’univers carcéral pour “Oz“, et le monde de la pègre pour “The Wire“). Enfin, surtout en qui concerne David Simon, le scénario est précédé d’une étude presque monomaniaque du sujet traité. Avant de dévoiler le scénario de “The WireSimon a analysé tous les aspects du deal de drogue à Baltimore et suivant un axe multipolaire sans privilégier le travail des forces de police.

Depuis Simon est parti du côté de la Nouvelle Orléans avec “Treme“, et des Mac avec “The Deuce“. La série qui se rapproche le plus de cette fiction historique qu’est “The Plot against America” est peut être la mini série “Show Me A Hero” dans laquelle un homme devient Maire sur un concours de circonstance un peu comme Hollande est devenu Président de la République en France après le lynchage de l’amateur des personnels hôteliers.

Sa dernière mini série en 6 épisodes consacre l’excellent John Turturro qui a déjà crevé l’écran dans l’extraordinaire “The Night Of”. Elle raconte l’histoire avec un correctif croix gammé. Aux USA dans les années 40, le pilote John Lindberg connu pour ses positions antisémites se présente contre le grand héros Franklin Roosevelt à la présidence américaine et l’emporte. Le principal argument de l’antisémite étoilé revient a dire au peuple le plus métissé du monde de choisir entre “la guerre et lui” car les intentions belliqueuses du Roosevelt à l’égard l’Allemagne nazi ne font aucun doute. Alors la citation de Winston Churchill nous vient à l’esprit :

“Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre.”

Winston Churchill

Dans cette formidable représentation d’une Amérique qui s’effondre dans la Haine, la plume de David Simon qui adapte ici un roman de l’immense Philippe Roth, suit une famille de confession juive qui oscille entre incompréhension et amour d’une patrie qui ne veut plus d’elle. Dans le quotidien de cette famille, on retrouve l’horreur de la ségrégation comme la brutalité du racisme. On comprend aussi qu’il n’y a aucun fondement au racisme, et qu’il “n’est pas une opinion” (Jean Paul Sartre), et que les véritables racines de la xénophobie et de l’antisémitisme dans ce cas n’ont aucun fondement idéologique valable, ils se camouflent dans des sentiments de haine et de peur.

Alors on se remet à penser à l’ère Donald Trump. Car dans notre monde multipolaire tant décrié par les théories désormais vieillissante d’un Hutington déjà has been, “les pays libres” ont lié leur sort à celui de l’OTAN avec un leadership américain qui jusqu’ici était suffisant. Les Américains ont toujours jouer le rôle d’Etat Gendarme. Et si le pilier du monde libre s’effondrait comme il tombe dans “The Plot against America“, qui viendra sauver le monde ?

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