A Knight of The Seven Kingdom : La blague de HBO ?

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C.E.O HELL SINKY, author, journalist, documentary

Game of Thrones a révolutionné la série moderne

Game of Thrones a révolutionné la série moderne. Après les séries intelligentes de type The Wire, inventée par le génial David Simon, la télévision est entrée dans l’ère des superproductions, avec des moyens aussi importants que ceux d’un film. Fini la gentillesse, le manichéisme et les bons sentiments : la série est aussi ironique et cynique que la vie. Vous n’êtes pas dépaysé lorsque la tête du brave Ned Stark (encore une tête qui tombe pour Sean Bean) finit exposée pour célébrer le règne de l’odieux Joffrey Lannister.

Mais tout ça, c’était avant. Fini le générique magistral et plein de tension de Game of Thrones, finies les intrigues dégueulasses de House of the Dragon, le mariage rouge et le massacre des bâtards : tout cela n’a plus d’importance. A Knight of the Seven Kingdoms débute sur Dunk, chevalier errant et peu élégant, qui défèque derrière un arbre. Une scène scatologique totalement assumée vient rompre avec la tradition du « dégueu-classe » propre à la franchise Game of Thrones.

Les premières minutes de A Knight of the Seven Kingdoms laissent sans voix. Est-ce une « série comique » dans l’univers de Game of Thrones, ou quoi ?

A Knight of the Seven Kingdoms : une série comique ?

Le personnage principal, Dunk, est un géant un peu simple d’esprit, mais plein de vertus et de sens chevaleresque. C’est Ned Stark avec quelques points de QI en moins. On s’attend donc à voir sa tête tomber d’un instant à l’autre au cours de la première saison. Lors de son premier périple, il rencontre Egg, un enfant plein d’avenir, beaucoup plus malin que lui. Ensemble, ils tentent de s’inscrire à un tournoi organisé dans une bourgade voisine, où l’on retrouve tout ce que le monde compte de Baratheon bourrés, de Lannister imbus d’eux-mêmes et, bien entendu, de Targaryen complètement atroces (qui n’ont rien de l’héroïne Daenerys ; il leur fallait sans doute une bonne correction avant d’en arriver là).

Première remarque : les héros de cette nouvelle série sont pleins d’innocence, alors que le royaume des Targaryen, après la mort des derniers dragons, est en plein déclin. À part la tyrannie, ils n’ont plus grand-chose à offrir aux Maisons des Sept Couronnes, qui rêvent de les voir brûler. Dunk et Egg, c’est un peu la rivière d’innocence qui coule au milieu de Sodome et Gomorrhe.

Ensuite, la série se veut humoristique. De l’humour noir, certes, mais elle est beaucoup plus accessible que les intrigues façon Richelieu de ses deux prédécesseurs. En somme, les créateurs, en s’inspirant des nouvelles du maître George R. R. Martin, ont conçu une série légèrement comique dans l’univers de Game of Thrones.

A Knight of the Seven Kingdoms : surexploitation, mais on s’y fait !

Sans doute, la franchise commence à être touchée par la surexploitation. Mais au fil des épisodes, on s’attache à la naïveté chevaleresque de Dunk, moqué par ses pairs. Les intrigues s’enchaînent, avec des retournements de situation dignes de Game of Thrones. Finalement, cette version plus légère n’est pas si mal.

On peut se demander si, à force de baigner dans l’univers des dragons, on n’est pas devenu accro à l’univers plus qu’à l’intrigue. Car, par moments, le mauvais goût est au rendez-vous, et les subtilités scénaristiques à la GOT sont pour l’instant absentes. On y retrouve néanmoins les mêmes personnages ignobles — une belle allégorie du pouvoir, finalement.

Dans A Knight of the Seven Kingdoms, Peter Claffey incarne Ser Duncan le Grand, un ancien rugbyman irlandais reconverti en acteur, qui s’est fait remarquer récemment dans des productions télévisées britanniques avant d’obtenir ici son premier grand rôle international. Face à lui, Dexter Sol Ansell prête ses traits à Egg (Aegon Targaryen), jeune acteur britannique déjà vu dans The Hunger Games: The Ballad of Songbirds & Snakes, où il interprétait une version jeune de Coriolanus Snow. Le rôle du redoutable prince Aerion Targaryen est tenu par Finn Bennett, connu pour ses apparitions dans True Detective: Night Country. Le prince Baelor Targaryen est incarné par Bertie Carvel, acteur reconnu au théâtre et vu dans des séries comme The Crown et Dalgliesh. Enfin, le prince Maekar Targaryen est joué par Sam Spruell, habitué aux rôles intenses au cinéma (Snow White and the Huntsman) comme à la télévision (Fargo), apportant une présence sombre et autoritaire à la dynastie Targaryen.

Le casting est donc à la hauteur des espérances. On attend la suite ?

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