Les ultimes marches de l’Empereur, Alkpote, donnent naissance à un nouveau coup d’éclat. Après avoir enchaîné les collaborations avec Gims, Gazo, Quavo et Kaaris, l’Empereur s’allie désormais au roi du Troll Rap. Quand l’aisance lyrique et les punchlines sans filtre d’Alkpote rencontrent l’ironie corrosive de Vald, le résultat ne pouvait être que résolument « interdit aux mineurs ».
Alkpote dévoile ainsi son projet Les Ultimes Marches de l’Empereur avec l’ambition claire de signer l’un des meilleurs démarrages de sa carrière. Mais ces marches ont tout d’un nouvel élan plutôt que d’un crépuscule : dans le rap, la retraite reste un mirage.
Invité chez Planète Rap il y a quatre ans, Alkpote revenait sur ses années d’usine avant la consécration : « Je travaillais à la chaîne avec des Indiens dans une usine pour 1 200 piécettes par mois. » Depuis, les Balenciaga ont remplacé les chaussures en ferraille, comme il le formule lui-même : « C’est la même forme de chaussure, grosse, un peu épaisse. » En quelques années, le rappeur a changé d’échelle, passant de l’ombre industrielle aux projecteurs des grandes scènes.
Son morceau avec Vald ouvre cette nouvelle séquence avec fracas.
Alkpote et Vald, toujours plus loin
La production est confiée à Tarik Azzouz, Zeg P et Seezy, un trio taillé pour les chocs sonores. Tarik Azzouz, référence du beatmaking en France comme aux États-Unis, a notamment travaillé avec DJ Khaled et Lil Wayne. Le trio s’était déjà illustré sur « Jack Honey » de Niaks. Zeg P et Seezy ont également façonné l’album Horizon Vertical de Vald et Heuss L’Enfoiré, et signé des productions marquantes comme « Ghali » et « Dans tes bras » de Wejdene, ou encore « Stigmate » de SCH. Seezy, fidèle architecte sonore de Vald, parachève ici une instrumentale massive, nerveuse, presque suffocante.
Sur cette toile sonore explosive, les deux rappeurs livrent un déferlement de punchlines crues.
Vald ouvre les hostilités avec une série de provocations :
« J’pose un géranium sur la tombe du hip-hop, saloperie de midweek (salaud)
P. Diddy, R. Kelly ont façonné combien des plus gros hits ? »
Alkpote enchaîne, fidèle à son irrévérence :
« J’réduis ton cul en compote ou en purée Liebig (splash) ; comme Gainsbourg, j’brûle des llets-bi (brûle)
Toutes ces putes, j’les piétine (toutes), mais j’suis toujours bien habillé comme Mugler Thierry (stylé) »
Le clip, saturé d’effets spéciaux, met en scène Alkpote dans sa posture impériale, entouré de ses vixens, dans un univers où la monstruosité devient esthétique. Transformations physiques, énergie débordante et flow incendiaire : Les Ultimes Marches de l’Empereur avancent à un rythme effréné, avec une maîtrise technique implacable.


