Les liens entre l’Algérie et la France sont impérissables. L’histoire a lié ses deux pays dans la haine comme dans l’amour. Beaucoup d’Algériens se sont aujourd’hui réfugiés en France. Depuis quelques jours, le pays tout entier a crié sa révolte pour éviter que la “momie” Abdelaziz Bouteflika ne brigue un cinquième mandat. A la solde des militaires depuis son entrée en pouvoir, le président immuable de l’Algérie a accepté hier de céder face à la pression populaire. De tous les temps, les rappeurs français ont crié leur amour de la mère patrie. Petit rappels des faits.

Plus ancienne et peut être plus belle balade dans les ruelles chargées d’histoire de la capitale algérienne, le “Bladi” de Freeman. Extrait de l’album “L’Palais de Justice”, le titre est sorti en 1999 peu après les massacres de Bentalha (1997) et de Relizane (1998). Le pays est alors déchiré entre les légitimistes et les islamistes.

Le single “Bladi” en featuring avec Cheb Khaled est le syndrome du bledard incarné ou le mal du pays. Le rappeur naviguant dans la sphère du groupe IAM chante son mal du pays, d’un pays qui meurt doucement, sous dans l’indifférence générale.

Dans un tout autre spirit, Sinik a rappé son amour de l’Algérie dans le single “Bienvenue Chez les Bilkas” en featuring avec Big Ali sous la houlette de DJ Kore. Sorti début 2008 à une époque où l’Algérie dort même si elle ne se sent pas forcément mieux, le titre du rappeur des Ulis rappelle la fierté d’un pays qui a obtenu sa liberté dans le sang et dans la guerre.

Bonne ambiance, Sinik fêtera l‘Algérie comme quelques années plus tard il partira célébrer la qualification de son peuple à la Coupe du Monde 2010. Fierté, force et honneur !

Dans un tout autre style, le rappeur Medine signé sur le label Din Records a comme à l’accoutumé utilisé l’art du “Story Telling” pour conter les événements tragiques du 17 octobre 1961. A cette date, les autorités françaises ont réprimé une manifestation du FLN dans le sang. Les manifestants algériens ont littéralement été jetés dans la Seine.

Avant la libération de l’Algérie, et la fin de la décolonisation, la France acculée a usé de méthodes pas trop recommandable. A l’époque le Prefet de Police s’appelle Maurice Papon, un nom tragique….

Le film “Hors La Loi” de Rachid Bouchareb sélectionné à Cannes revient sur ses événements dramatiques. Un devoir de mémoire qui s’impose plus de 50 ans après les événements.

Loin de la politique, de la décolonisation mais en plein dans l’égo-trip, le titre de Sofiane “DZ Mafia” extrait de l’opus qui lui a permis de connaître la consécration “#JesuispasséchezSo” vient lui aussi célébrer la révolution “musicale” des DZ très nombreux dans le Rap français.

Le single est un véritable déchainement de punchline avec une base Trap, très noir, très obscure. Le rappeur rend hommage à l’Algérie : “Croissant, Etoile à l’infini, DZ Mafia”.

Dans la famille Affranchis Music, Soolking a laissé son empreinte lui aussi sur sa terre natale. Le titre “Guerrilla” rappelle que le drame n’est pas terminé, que derrière les cris des supporters, les drapeaux qui flottent au son des différents hymnes, l’Algérie vit toujours la “Guerilla”.

Avec son single consacré à son amour pour l’Algérie, le rappeur d’Affranchis Music lie engagement artistique et politique : “Je chante l’amour au milieu de cette Guerilla”.

Pour finir, hier l’Algérino a carrément consacré un titre à la révolution algérienne qui a écarté Abdelaziz Bouteflika du pouvoir. Une façon de tourner une page de l’histoire avec fierté vers un avenir plus lumineux.

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