Kaaris pense que “La Chèvre” vient aussi de Sevran

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C.E.O HELL SINKY, author, journalist, documentary

Le 12 juin prochain, Kaaris signera son retour avec la mixtape “BYAKUGAN”, un titre directement inspiré de l’univers de Naruto et du célèbre pouvoir héréditaire du clan Hyûga. Un choix loin d’être anodin pour un artiste qui a toujours cultivé une imagerie sombre, guerrière et presque mystique autour de sa musique. Depuis la sortie de “Day One”, les attentes autour du rappeur de Sevran n’ont cessé de grandir, tant sa trajectoire continue de fasciner une partie du public rap français.

Avec “Or Noir Part 3”, Kaaris avait déjà marqué les esprits en renouant avec Therapy Music, le producteur derrière le premier volet d’“Or Noir”, projet aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands séismes de l’histoire du rap français moderne. Plus qu’un simple album, “Or Noir” symbolise une rupture esthétique majeure : l’arrivée massive des sonorités trap et drill dans le paysage hexagonal, mais aussi une nouvelle manière d’appréhender le rap français.

Que l’artiste ait réellement “ramené la lumière sur Sevran” ou non importe finalement peu : l’impact culturel de Kaaris reste immense. Là où les rappeurs des années 90 et 2000 conservaient une écriture profondément attachée aux codes traditionnels français, Kaaris a participé à faire basculer toute une génération vers une esthétique beaucoup plus brute, sombre et influencée par les sonorités venues d’Atlanta ou de Chicago. Son arrivée a profondément modifié les textures, les flows et même l’attitude d’une partie du rap français.

Aujourd’hui, entre renaissance permanente et déclin régulièrement annoncé, le rappeur revient avec “La Chèvre”, un morceau brutal, frontal et volontairement agressif dans lequel il libère une énergie presque animale. Une manière de rappeler que malgré les années, son ADN artistique reste intact.

Kaaris pense que “La Chèvre” vient aussi de Sevran

La composition instrumentale du morceau est signée Biggie Joe. Révélé notamment grâce à “Nouvelle École”, le producteur s’est récemment illustré sur “Sale État” de RK et Ninho, mais également sur “Silence” de Sicario, le featuring entre Sadek et YL, ou encore la collaboration entre Kaaris et La Fouine sur “Visions”. Ici, la production frappe immédiatement par sa violence sonore : basses lourdes, textures abrasives et ambiance suffocante composent un décor taillé sur mesure pour l’univers du rappeur.

On retrouve ainsi le Kaaris sauvage et imprévisible qui avait bouleversé les codes du rap français au début des années 2010. Comme souvent, le rappeur multiplie les gimmicks et les punchlines brutales sans jamais chercher la demi-mesure :

“J’suis noir comme la moitié de Zetsu, toujours le sourire sauf quand tu nous dois des sous
S’il manque même un peu de maille, je vais te filoche, j’mets mes affaires en stand-by
J’ai juré que si j’t’ai pas fumé, c’est qu’j’suis pas l’Élu, dans la Matrix y a une faille”

À travers le personnage de Zetsu, Kaaris poursuit également cette fascination pour l’univers manga, omniprésent dans son imaginaire depuis plusieurs années. Une culture pop qu’il fusionne ici avec son univers ultra-rue et dystopique.

Parmi les autres phases qui marquent immédiatement l’écoute :

“Même quand j’tape poteau c’est rentrant, le menton est solide, barbu comme un Daghestan”

Le clip vient prolonger cette atmosphère brutale et futuriste. Réalisé par Cedrick Cayla, le visuel mélange performance, effets spéciaux et imagerie numérique dans une esthétique particulièrement soignée. Le réalisateur s’était déjà illustré avec plusieurs clips marquants de Lartiste, notamment “Cleopatra” et “Barcelona”. Entre fiction urbaine et hallucination visuelle, le clip de “La Chèvre” démontre une nouvelle fois l’importance croissante du travail esthétique dans l’univers de Kaaris.

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