C’est avec le Twin Peaks de David Lynch que commence la série américaine. Avant même la sortie de Oz de Tom Fontana, et du The Wire de David Simon, c’est le showrunner le plus subversif de l’histoire du cinéma qui se lance dans la série. Twin Peaks débute à l’aune des années 90′ dans un format 4:3 avec une photographie très 90′, couleur froide, et élément de nature à foison. A la différence des Cote Ouest qui sont sortis en même temps que lui, et des Melrose Place qui vont débouler par la suite, la série du réalisateur de Mulholland Drive porte sur un sujet plus que délicat.

L’intrigue tourne autour de la mort de Laura Palmer, une jeune Pom Pom Girl qui sort avec le capitaine de l’équipe de Football et que l’on croit tout simplement “parfaite”. La violence de son meurtre précédé d’un viol mobilise la Police locale aussi douée que celle des Simpsons (la série de Matt Groening) et également un agent du FBI doué d’une très grande intelligence, mais dont le côté tout à fait “raisonnable” peut porter à confusion. En réalité, la fille de l’avocat local (Laura) enchaîne les relation sans lendemain, elle est cocaïnomane à souhait, et se prostitue même dans le journal local. Ce 666 (en termes chrétien, l’apocalypse signifie “lever le voile” et pas la fin du monde n’en déplaise à Paco Rabanne)  de Twin Peaks représente toute la dualité de la série. Les deux montagnes jumelles (Twin Peaks) qui dominent cette ville de province si paisible qui est le théâtre des pires errances humaines est une métaphore de la double vie de Laura Palmer, mais également un indice sur son assassin, et enfin la réalité de “cette société” de Twin Peaks si belle en apparence et si terrible dans la réalité.

C’est la première fois avec cette série que le genre pourfend les stéréotypes véhiculés par les productions américaines. Car si dans Côte Ouest, les héros sont blonds, beaux riches et parfait. Dans Twin Peaks, tous les habitants de cette bourgade de province se donnent tout le mal du monde à cacher leurs imperfections et leurs crimes. Finalement, David Lynch lève le voile sur la véritable nature humaine. L’homme est capable de tout, du meilleur comme du pire, ce n’est ni l’Amérique de Cote Ouest, ni la France de Macron, qui nous sauveront de la condition humaine, encore moins les Eglises. Car nous naviguons tous entre ces deux montagnes à Twin Peaks, entre ce que nous voulons montrer et ce que nous sommes. Avec les réseaux sociaux, le phénomène s’est encore amplifié. C’est pour cela que David Lynch a réussi avec Twin Peaks. Il a effleuré l’intemporalité d’une nature humaine qui ne quittera jamais le purgatoire.

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