C’est un phénomène qui part de pas grand chose finalement. Il y a une dizaine d’année, la chaîne franco-allemande diffusait une série intitulée Breaking Bad. Dans cette sitcom dont le rôle principal a été attribué Bryan Cranston, le Papa de Malcolm (la série débile pour ados boutonneux tout aussi débiles), l’intrigue tournait autour d’un professeur de Chimie atteint d’une maladie dégénérative qui était forcé de vendre de la meth pour payer son traitement médical. Créé par Mark Johnson la série a déroulé son drame sur 6 saisons avant de finir sur un dénouement extraordinaire. La version officielle voudrait que Breaking Bad soit une critique “utile” d’une société américaine qui a oublié que la santé n’appartient pas aux riches. Oui amis français l’Obama Care est moins performante que notre sécurité sociale nationale “très bureaucratique”, “très lente”, “très endettée” mais aussi “très généreuse“.  Branleurs intellectuelles de tous bords, gauchiste anti américain, et fanatiques sociaux y ont vu la fameuse “critique” de la société américaine….

En réalité, au delà de “l’observation d’un système” qui appartient finalement à toute oeuvre d’art, la véritable plus valu de cette série par rapport aux centaines d’autres qui sont diffusées en boucle, ce fut la faculté de faire vivre les personnages. Que reste t-il finalement des enfants à console que vous étiez ? Que reste t-il des adolescents fouineurs et dragueurs que vous n’êtes plus ? Etes vous vraiment le même avant d’avoir vous aussi des enfants ? Non en réalité, tout être doué d’un minimum d’intelligence et d’une bonne dose d’autocritique est amené à évoluer avec l’âge et avec son environnement. Le personnage de Walter White et son double maléfique Heisenberg incarné par magnifiquement par Mark Johnson évoluent avec son environnement et avec les saisons. Le professeur de Chimie timide et naïf de la saison 1 n’a plus rien à voir avec cet être cruel et machiavélique qui abat son bras vengeur sur ses ennemis en fin de série. Le personnage de Jessy qui se définit par une vaste descente en enfer, faible et toxicos, évolue lui aussi. Le partenaire de Heisenberg est un homme qui perd ses illusions avant de sombrer dans l’abîme, une histoire universelle aujourd’hui, puisque c’est celle de tous les toxicomanes.

Le spin-off de la série Better Call Soul, très faible relativement à la maison mère Breaking Bad, ne nous fera pas oublier que pour une fois dans l’histoire de la série, la réalité a pris le pas sur la fiction car Heisenber était plus vivant que vous qui l’avez regardé assis sur la télévision.

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