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HORS-SERIE : Au début tout était “tranquille” !

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ZEZ
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C.E.O HELL SINKY, author, journalist, documentary

“Il y a des jours comme ça où tout ne va pas pour le mieux”

A Helsinky depuis quelques temps, je continuais à rouler ma peine dans un Rap Game “confiné“. Comme tout le monde, j’ai eu l’idée de lancer les “freestyles confinés“. Puis après quelques jours, je me suis rendu compte que c’était devenu aussi commun qu’un rappeur qui s’énerve sur Daymolition.

Tous les indés de France tapait des freestyle d’homme grenouille dans leur baignoire avec une qualité désastreuse. Autre évènement phare du confinement, les titres genres conscients sur la politique de Macron. De chez toi, confiné comme jamais, tous les jours sur ton actu instagram, il y a avait au moins un rappeur prophétique qui annonçait la fin du monde…

A Helsinky, c’était même très sérieux. Devant le Bastille local, tu as une association catholique qui t’explique que les médias sont diaboliques. Tu t’imagines que c’est une image ? Non pas du tout, j’ai essayé de leur parler et pour ces gens là c’est loin d’être du second degré. Entre leurs démons et leur diable, les fantasmes de ces imbéciles complotistes cachent une réalité profonde. Les peuples ne comprennent plus rien à leurs élites.

Le confinement était bien triste. Puis un jour un certain Ayoub m’a appelé. Le rappeur vit à l’Est. Sans jamais user de promotion d’aucun genre, il tape des centaines de milliers de vues sur YouTube. Plutôt bon esprit, il est à Grenoble ce que Jul est à Marseille.

On commence à discuter promo. La première campagne de référencement sur les sites spécialisés se passent à merveille. Puis il m’envoie un titre “Tranquilou” reggaeton avec un refrain en onomatopée type “ouais ouais ouais“. Ayoub il se prend pas la tête. Et tout le monde dans son entourage adore le titre à la jul. En quelques jours, la maquette devient l’hymne de 30 gars qui sautillent en bas d’une cité avec des tonnes de vodka orange embouteillés dans du plastique Evian. Les mecs comme moi comprendront jamais rien à la génération Jul. Oui tout le monde devient un vieux con.

Le rappeur me demande de promouvoir son titre en radio. J’appelle un gars à moi proche de ce genre de cercles de mecs sérieux de radio. Le type gère son business comme une Cosa Nostra. Il écoute pas vraiment le titre, et se dit qu’il y arrivera. Donc on part la dessus avec Ayoub. La première mission c’est de mixer et masteriser le titre, voire le refaire en studio. Ayoub part à la conquête des studios parisiens. Un beatmaker proche de Sneazzy et de Nekfeu me donne un bon plan.

C’est le mec qu’on appellera le mec du studio. Depuis Helsinky, j’appelle “le mec du studio“. Avant de se rendre compte qu’il avait un client potentiel, il lui a fallu 2 jours. Deux jours de vocaux whatsapp en vouvoiement, et il nous propose de passer la semaine d’après. Avant le paiement du lundi, le mec s’acharne en relance sur Whatsapp motivé par l’odeur des billets violets. Prudent, il attend mon paiement du lundi avant de de donner le lieu du rendez vous. Je me dis que les rappeurs et leurs acolytes s’arnaquent tellement entre eux que la moindre transaction légale ou pas s’apparente à un échange billet contre cocaïne.

Ayoub passe 1 nuit chez le “mec du studio. Pendant ce temps là, le mec du studio me parle d’un client potentiel pour une campagne de promotion… Du coup je lui fais savoir qu’il peut empocher genre 20 %. Le mec du studio a les yeux qui brillent. Ayoub revient a Grenoble et m’appelle. Apparemment le mec du studio est aussi lent qu’un mexicain après sa sieste du samedi après midi. Il me raconte une scène digne d’un mauvais épisode de Validé. Quant Ayoub taffe avec l’ingé son, il rentre dans la salle et prodigue quelques conseils interstellaires. Quand Ayoub lui demande s’il peut clipper, le “mec du studio” répond ; “gros gros t’as le temps“. Personne ne comprend ce type.

Quant à moi après une semaine, le “mec du studio” m’a toujours pas envoyé les tunes pour la promo d’un mec de Marseille. Il me ressort le jargon du mec qui veut pas payer en parlant de “demain“. Donc je contacte le mec de Marseille, un rappeur bien burné. Et il m’apprend qu’il a déjà réglé la somme au mec du studio, et d’ailleurs il a payé le double pour la promotion.

J’appelle le mec du studio. Il répond à moitié. Donc je lui dis de se démerder. Pire encore après une semaine Ayoub n’a toujours pas récupéré son titre. J’appelle le beatmaker qui nous a présenté au mec du studio. Il m’apprend que le mec du studio a viré son ingé son qui a gardé les pistes et les séquestre tant qu’il est pas été payé pour son travail au studio. Et d’ailleurs ce beatmaker me précise qu’il ne veut plus rien à voir à faire avec ce “mec du studio“. Ayoub est au bout de sa vie. Alors, il va lui même dans un studio et ressort le son. Voilà c’est réglé..

J’envoie le titre à la mafia locale des radios. On doit le faire passer sur Générations FM et Mouv’. Je suis à mon cours de Finlandais Online, et pendant que je prononce l’imprononçable, le mec de la radio m’envoie un message : “il y a le feu à Mouv’. Alors comme un abruti notoire je vais sur Google pour voir s’il y a un incendie à Mouv Radio. Apparemment non. Alors le mec de la radio me dit qu’ils ne passeront pas ce titre car il est reggaeton. Et que même lui ne peut rien faire. Ayoub plutôt calme d’habitude est de moins en moins tranquille…. Générations c’est pareil l’incorruptible Mister L ne peut rien pour nous. Quand Ayoub l’apprend il est écœuré. Moi aussi. Alors on fait un clip sur After Effect…

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