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HELL SINKY 12 : Une proposition indécente !

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ZEZ
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C.E.O HELL SINKY, author, journalist, documentary

Il y a des haut et des bas dans la vie d’un mec de la promo. Pendant les fêtes de Noël par exemple, le nombre d’artistes clients décroient au fur et à mesure qu’on se rapproche de la nouvelle année. Bien sûr, il y a aura toujours un ou deux artistes pour faire le bilan de l’année passée dans un freestyle plein de bonne conscience et d’injustice dénoncée en 16. Mais l’auditeur de rap aujourd’hui se soucie peu des injustices, il veut fantasmer d’une vie de gangster, ou d’une créature de rêve qui se trémousse sur un beat marseillais.

Cependant à quelques jours du réveillon, je reçois un coup de fil du manager d’un groupe “connu”, un certain F. Il dit qu’il a entendu parler de moi par un mec de son quartier, et qu’il veut me voir le soir même pour discuter promo. Disponible comme jamais en cette fin d’année, j’accepte le rendez vous autour du XIV ème arrondissement.

Dans la foulée, M. m’appelle parce qu’il a trouvé un producteur qui compte nous payer pour qu’on lui arrange une diffusion sur une chaîne de télévision. Le rendez-vous est pris dans la chaîne avec le client. Les deux têtes de la télévision sortent le grand jeu. Généralement, le développement d’un artiste passe par une couverture médiatique. Mais c’est pas parce que t’as eu ta chance dans un média que le lendemain matin, des centaines de groupies enragées vont te déshabiller en sortant de chez toi. Ca peu d’artistes indépendants le savent. Le bureau central de la chaîne s’apparente à une vaste représentation théâtrale où chacun joue son rôle. Pour moi et M, le travail est déjà fait, on a fait les présentations.

Le producteur sort rassuré, il pense qu’il aura sa plaque sur Hollywood Boulevard, et peut être même qu’il pourra incruster une plaque pour sa femme, car on l’a bien arrangé. Le Président de la chaîne prend rendez vous dans un grand restaurant parisien. On le regarde avec M, on vient de lui rapporter gros en publicité. Il fait comme si on était pas là. On insiste et on le regarde encore. M prend la parole : “Vieux père, tu nous as oublié ?“. Le Président prend sa veste et s’apprête désormais à quitter le bureau. Il regarde le directeur de l’antenne : “Donne leur 50 euros chacun !“.

La sentence provoque notre rébellion totale et tout le monde crie dans le bureau. Finalement, le Président nous fait savoir qu’il nous paiera après encaissement du chèque du client pour la promotion. On lui fait comprendre de notre côté qu’on a des arguments s’il essaie de nous “escroquer“. Tout le monde est content. De son côté, le Président peut aller au Fouquet’s l’esprit tranquille. Il paiera quelques jours plus tard, mais je me suis toujours dit qu’avant de tenter cette escroquerie il a juste dû se dire : “qui tente rien n’a rien“.

De plus, le Président en question est de la génération de nos aînées. Tous les types de cette génération sont des rapaces avec les mecs de ma génération. J’ai parlé de ça à un mec de ma génération. Il m’a laissé entendre que dans cette génération on retrouve nos “grands“. A l’époque, il me dit que les gars de cette génération l’envoyaient acheter des cannettes et des barres chocolatées à l’épicerie. 20 ans plus tard, l’un est Président d’une chaîne, l’autre responsable de communication, mais dans la tête du Président, il est toujours en droit de t’envoyer acheter des cannettes ou te donner 50 balles pour un promotion qui va lui rapporter 200 fois plus.

Arrive le moment fatidique. Je me poste devant la bar devant lequel j’ai donné rendez vous au groupe connu. Et là pour ceux qui ont vu le film “Scary Movie“, cette scène devrait être familière. Je vois débarquer une merco noir imbibée de fumée de weed qui en ressort par toutes les ouverture.

De loin, on pourrait imaginer qu’il y a un incendie dans la voiture. Le manager laisse les rappeurs dans la voiture et avance vers moi. Il leur dit d’aller s’amuser. On se poste dans un bar. Je présente mes services, il est très intéressé. Puis il glisse : “Tu veux être payé en nature ?“. Là je sais plus trop quoi dire, je doute que le manager ait envie de “me prendre les fesses” ou me présenter une prostituée donc je réponds : “comment ça ?“. Le type est plus clair, il veut me payer en “cocaïne“. Malheureusement, la zippette je ne touche pas. Conversation terminée.

Il me dit qu’il m’appellera demain pour me donner la réponse. Mais tandis qu’on retourne vers la voiture fumette, il me regarde et insiste : “T’es sur ? Je te vicer bien hein !“. “Oui je suis sûr“.

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