« Téhéran » : Une série israélienne complexe !

TV + le Netflix d’Apple totalement en 4K a aussi ses séries exclusives, et « Téhéran » en fait partie. Alors, série israélienne d’espionnage tourné à Grèce transformé en capitale iranienne, vous sentez déjà le truc venir. Jack Bauer va t-il sortir de sa tombe dans 24 H, sous les traits d’une Niv Sultan qui pourfend l’ennemi islamiste. Alors à la surprise générale : Non ! La série « Téhéran » est beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît, et elle représente les antagonismes d’une société iranienne coupée en deux.

Le pitch est tout simplement explosif et terriblement d’actualité si on suit les news hors covid. Une hackeuse israélienne est infiltrée au sein de la capitale iranienne pour permettre à son pays d’exploser un réacteur nucléaire iranien. Au cours de son périple, l’agent du Mossad fera la rencontre de la résistance iranienne qui tente par dessus tout de survivre au milieu d’une répression (pas sur-représentée par le film) complètement étouffante.

Contrairement à 24 H, la série américaine, il n’y pas de manichéisme dans le film. Le combat de cette hackeuse avec le régime iranien représenté au plus haut point par le chef de la sécurité intérieure Shaun Toub (l’acteur américano iranien) est d’abord une guerre entre deux États pour une raison stratégique. Et même derrière, la répression terrible de Faraz Kamali (Shaun Toub), le show runner Moshe Zonde figure un homme fragile doux et compatissant envers sa femme et ses proches. Il n’y pas de bien ni de mal absolu comme dans cette société iranienne.

A trop regarder, les sujets délicats sur les exécutions sommaires en haut des grues, ou sur la lapidation des femmes adultères, les européens ont oublié que la société iranienne est schizophrène. Elle est divisée entre les aspirations d’une jeunesse urbaine proche des valeurs humanistes universelles, et celles d’une bourgeoisie d’État qui tient sur la religion et la ruralité.

Dans sa fuite, la hackeuse israélienne sera recueillie par une résistance qui subira de plein fouet la répression du renseignement iranien. Au cours d’un entretien, le réalisateur de la série espérait que son film améliore les relations entre l’Iran et Israël. Dans une certaines mesure, il a réussi son pari, et a choisi de représenter une réalité, au lieu de réaliser un brûlot de dénonciation et de fantasme. Non, « Téhéran » n’est pas le nouveau « Jamais Sans Ma Fille« , et c’est un thriller haletant.

ZEZ
Fondateur de UrbanTrackz Taffe pour @Rapunchline, @RapGhetto, et de temps en temps @Vice et @Noisey

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