Il y a des films qui traumatisent toute une génération. Dans le Hip-Hop, “Scarface” de Brian de Palma, “Boyz in Da Hood” et “Menace 2 Society” ont une place à part chez les “native” de la génération numérique (années 90′). Le personnage de Pablo Escobar qui est décrit avec beaucoup de romantisme dans  la série “Narcos” (la chasse à l’homme américaine) est cité dans 3 morceaux de Rap sur 4.  Pour ma part, “fils de duc déchu et de concierge enrichie” (Charles Dantzig), j’ai grandi dans l’admiration de la trilogie “Le Parrain” de Francis Ford Coppola. Quitte à être un gangster, autant y mettre les formes et “restez classe”. Pourquoi ce choix ? Car Coppola ne se contente pas de filmer trois abrutis qui bouffent des “spaghettis en sauce” (Akhénaton) et vont dévérouiller un mec deux secondes après.

Les frères Corleone

Il ne filme pas, il peint usant de symbole et d’esthétique . De la scène du mariage sur lequel “Le Parrain I” commence jusqu’au trois scènes finales de la saga qui mettent toutes en scène les “Vendetta” du clan Corleone, il y a une véritable recherche méticuleuse d’esthétique. Les “Vendetta” sont présentés comme une symphonie dans laquelle Michael Corleone est à la fois le chef d’orchestre mais aussi l’unique spectateur. Dans le premier volet du Parrain, la vengeance du personnage incarné à l’écran par Al Pacino se déploie dans les rues de NYC alors que le principal intéressé assiste au baptême de son fils. Alternant entre les assassinats et ce moment d’intimité de la famille Corleone au sein d’une Eglise romaine, FFC joue avec les symboles et l’intensité dramatique. Il joue aussi sur la naissance du nouveau parrain. Finalement, cette première vendetta ne vient-elle pas signer l’acte de naissance de Michael Corleone fils du défunt Vito Corleone.

Mais contrairement aux apparences souvent “trompeuses”. Ce n’est pas cette scène du parrain qui m’a marqué. A mon sens, la scène culte de la trilogie se place dans les dernières secondes du “Parrain I”. Petit rappel des faits, et puisque le film est diffusé tous les été sur France Télévision et également sur Netflix, je pense que c’est un Spoiler mesuré.

Vito Et Michael Corleone

Le “Parrain I” c’est surtout les derniers jours de Vito Corleone incarné par Marlon Brando, le fondateur de la dynastie, dans son rôle de parrain. A sa succession, il laisse Sonnie son ainé, qui est censé perpétuer la tradition tandis que son cadet Michael (Al Paccino), héros de la guerre, s’en va vivre une vie tranquille. Les circonstances font que Michael doit endosser le rôle de parrain provisoirement. Finalement, tout au long du premier volet de la saga, Michael est tiraillé entre la tradition familiale, une responsabilité insensée qu’il s’impose à cause des usages, et la vie qu’il rêve de mener avec la femme qu’il aime. Cette vie lui interdit d’être le Parrain. Et même à la fin du troisième volet de la série, on est tenté de penser : Alors Michael t’as eu raison ?

Dans les dernières secondes du “Parrain I” qui suivent la scène de la vendetta finale, Michael se trouve dans le bureau de son père, là où il était parrain avant lui. Il reçoit deux émissaires… et laisse sa femme derrière la porte. La porte se referme sur elle et sur sa vie.

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