Produits de l’énergie du KO, ils sont les diadèmes éloignés de nos rêves bêta-bloqués. Celles et ceux qui sont là mais que l’on ne voit pas. Même s’ils étaient à notre portée, cela ne changerait pas : 

Le regard de l’occident est toujours cet oxydant rayant de la carte leurs matières premières et leur laissant pour sacs à main des freins aux éclats toxiques. Et nous répétons cet accident car nous sommes cet occident.   

Plusieurs années après Staff Benda Bilili (Au delà des apparences) qui avait répandu de la vibration ondulante sur le festival de Cannes avec ses musiciens en chaise ambulante, Renaud Barret revient une nouvelle fois. On pouvait reprocher à l’entraînant Staff Benda Bilili qu’il avait coréalisé avec Florent de la Tullaye – que l’on retrouve dans le générique de son Système K   de nous montrer «  en corps » des noirs musiciens au rythme et au membre plus roulants que la misère,  le désespoir et la violence.  Kate Moss s’en souvient peut-être. Il y manquait à peine Franck Vincent pour que la fête soit complète. Si on ne peut pas un peut s’amuser de temps en temps…. 

Pour sûr, Staff Benda Bilili était bien plus qu’une animation en caisson hyperbare réalisée pour le Club Med. Mais avec  Système K, où l’on aperçoit Kinshasa entre les barres, Renaud Barret signe un documentaire sincère et attachant. Nous ne sommes plus sur les Champs Elysées à la sortie d’un flacon d’eau de toilette luxueuse. Nous ne sommes plus en train de pleurer une Star du Basket disparue dans un accident d’hélicoptère, ou occupés à frissonner d’avance devant le grand débarquement présumé du coronavirus chinois qui viendra bientôt nous anéantir et nous diviser pour avoir espérer destituer le Président Américain Donald Trump qui a pu récupérer son double permis à tweet illimité.  Au lieu de choisir la marque Apple plutôt que Huawei. 

Dans Système K, Nous sommes souvent dans la rue, entre le camion Iveco, le taxi moto sur lequel on monte à trois,  la vente d’une reproduction de la Joconde, de sacs en plastique remplis d’eau, dans le pays des quatre barrages où une grande partie de la population vit sans eau courante (100 francs le bidon d’eau) et sans électricité.

Censure, répression, superstitions et vénalité de l’église et de l’Etat sont  un programme permanent ainsi qu’une seule certitude : L’instant présent. 

En face, Renaud Barret choisit de nous montrer la vitalité des performances de certains artistes, quelques moments de leur conscience et certaines de leurs rencontres avec la population qui les environne. «  Des artistes, ici à Kin ? » demande un homme. 

On y croise d’abord Freddy Tsimba qui explique plus tard avoir eu la chance de percer «  le mur invisible » qui sépare l’artiste solitaire et pauvre de celui qui est reconnu internationalement et estime avoir la responsabilité de laisser la porte ouverte derrière lui. 

On y voit Géraldine qui accepte de respirer des «  fumées toxiques » lorsqu’elle crée et qui a compris qu’elle était « liée à la fumée ». 

Béni, orphelin de père belge et de mère congolaise quand il avait six ans, aimerait quitter ce pays de « merde » mais explique que les Belges et lui, «  On ne se comprend pas » et, aussi, qu’il s’est « synchronisé avec le plastique ». Suivent d’autres performances et d’autres artistes. 

Devant Système K, on ne sait pas si l’on est devant notre futur ou devant le passé. Mais ce qui est sûr, c’est que ce système est déjà le présent de certaines et certains d’entre nous. 

Je me demande ce qu’en a pensé la très bonne revue Awotélé consacrée aux cinémas d’Afrique.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here