Prevenge : La vengeance implacable d’une « brune » enceinte !

Sur le papier, le thriller d’Alice Lowe est aux antipodes du film industriel de base. Le film « Prevenge » raconte la longue épopée meurtrière d’une femme enceinte et un peu bouffi. Comme le Comte de Monte-Cristo, Ruth cherche à se venger pour ce qu’on lui a fait. Son mari est décédé dans un accident d’escalade. On a dû se débarrasser de lui car la corde ne tenait. On a coupé le fil.

Alors elle va remonter la corde pour défier le sort de son bien aimé scellé par la fatalité du destin. Pour unique acolyte, elle a cette embryon qui lui commande de commettre les meurtres les plus cruels. Sur sa route, elle trouvera un vendeur de reptiles complètement timbré, une femme d’affaire bien seule, et pourquoi pas deux bourgeois bohèmes un peu tombés là par hasard. Rien n’est trop bon pour cet enfant qui lui parle.

Pourquoi le film d’horreur d’Alice Lowe vaut la peine ? Tout d’abord, le film détruit le mythe du super tueur. Un peu comme dans « Scream« , le tueur un peu psychopathe est loin d’être un Patrick Beatman (American Psycho). Il s’agit d’une Middle Age Women enceinte jusqu’au coup. Elle est loin d’être infaillible et paraît même un peu illuminé.Comme dans Scream, le tueur s’en prend plein la tête. C’est le premier mythe du film d’horreur qui tombe. On se rappelle d’un Jason dans Halloween qui pouvait résister à quatre salves de Kalashnikov.

Ensuite, le film réalisé et interprété par Alice Lowe un peu à la manière de la superbe série de Natasha Lyonne diffusée sur Netflix (Les Poupées Russes) met en scène la femme mieux que personne. Pendant des années, toute la première partie de l’histoire du cinéma. La femme a été présentée comme l’objet du désir masculin. Certes les Républiques islamiques, et les charia’a qui adorent voiler la femme, lui font porter le poids de la culpabilité sexuelle. Mais de l’autre côté, toutes ces femmes qui sont construites par l’industrie du cinéma pour s’approcher au maximum du désir masculin ressemblent comme deux gouttes d’eau à un étalage de boucherie. Les plus grosses stars sont les morceaux de choix que le boucher avec son crayon dans les oreilles met au premier plan. La rébellion a déjà eu lieu et pas seulement chez les indépendants. Bridget Jones est une grosse conne qu’on adore qui n’a rien d’une femme fatale. La grande Nicki Minaj ne ressemble en rien à ces roses écarlates qui ne poussent que dans les pays où il ne fait pas si chaud. Elle étale ses formes angéliques qui pendant des années ont servi de base au racisme des européens. Oui la révolution est en cours.

Alice Lowe est loin d’être une femme fatale. Pour son deuxième meurtre elle drague un pauvre has been dans un bar paumé. L’homme vit chez sa mère avec une chemise hawaienne, et il tente de faire découvrir « Crease » à l’héroïne. Cette dernière l’a d’ailleurs dragué sans vergogne sans aucun amour propre. On est loin de la déclaration d’amour de Sofia C à Scarlett Johanson dans « Lost In Translation« . Oui Alice Lowe qui joue parfaitement ce rôle de … MILF renverse l’ordre machiste établi dans le cinéma.

Voilà pourquoi ce « Prevenge » vaut le détour. Après vous trouverez toujours des cons qui trouve que « Jok’Air » est un chef d’oeuvre. Pour notre part, nous pensons que Jok’Air est le chef d’oeuvre du Beauf. Et pour un film « psychologique »sur les psychopathe on lui préféra Fight Club. Mais c’est un autre débat.

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