C’est bien un certain Harvey Weinstein qui a lancé le cinéma indépendant aux USA. Avant l’arrivée du porc en chef de la cinématographie, le festival de Sundance , la Mecque du cinéma indépendant, ressemblait à une réunion pour journalistes dénicheurs de cocktails gratuits. Mais “Sexe, Mensonge et Vidéo” est passé par là. Puis Harvey lance Miramax. Avant de se lancer dans une folle entreprise de viols en série et de revendre son Miramax a Disney, le cochon le plus connu de tous les temps fonde le cinéma indépendant américain. Revers de la médaille, il en fait une véritable industrie qui au fil des ans reprend les vieux codes de Hollywood. La suite de l’histoire on la connaît

Le film “I’m Not a Serial Killer” fait partie de la catégorie des “films indépendants“. Le long métrage britannique s’inspire de la nouvelle du même nom imaginé par Dan Wells. Le film raconte l’histoire d’un adolescent sociopathe qui tente de limiter ses pulsions meurtrières tout en devenant le “disciple” d’un véritable tueur en série animal.

Evidemment dans ce film il y a une véritable proximité avec la série “Dexter“. En revanche, l’intérêt de la série de ShowTimes résidait tout entier sur le concept de la voix off de Dexter. Elle permettait au spectateur de mieux comprendre le fonctionnement du tueur, et ses pulsions meurtrières.

Le film “I’m Not a Serial Killer” part effectivement d’un bon sentiment. Mais il tombe lamentablement dans les écueils du genre. Sur le script seulement, l’adolescent sociopathe est présenté comme un jeune victime de la cruauté de ses camarades. Bien entendu, il n’a aucun sentiment. Et un gentil psychiatre tente de lui faire contrôler ses pulsions meurtrières.

M’excusant au passage auprès de la ménagère de moins de 50 ans, la figure du sociopathe est aussi galvaudée que celle du pervers narcissique dans nos pauvres théories occidentales. Un sociopathe n’est pas toujours évidemment un pauvre garçon traumatisé par ses camarades qui passe ses nerfs sur la faune et la flore. On préféra dans le cadre de ce cas précis l’approche d’Elephant de Gus Van Sant. Et pour le reste, on adore l’originalité d’un “American Psycho” de Bret Easton Elis. Oui un psychopathe ou un pervers narcissique c’est souvent aussi un patron pas trop traumatisé par ses proches à l’instar d’un certain… Harvey Weinstein. Mais c’est un autre débat.

En dehors de l’erreur théorique car faite de trop de raccourcis sur lequel se base le film, en diffusant de la psychologie romancée de comptoir, le film se laisse regarder. Malgré ses faibles moyens financier, Billy O Brien avec un magnifique Max Records dans un premier rôle qui lui va à merveille, nous transmet une foule de sentiment. Il n’y aucun message dans ce film qui se veut tout sauf moraliste. Mais la transmission de toutes ces émotions c’est aussi le cinéma et l’art.

Clairement sans cette théorie du psychopathe un peu simpliste et un peu trop usée, Billy O Brien a réussi son pari.

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