Dans la série, au commencement, il y avait David Simon. Après les Côte Ouest, et autre Dallas, la série américaine change de format avec principalement 3 séries fondatrices : le “Twin Peaks” de David Lynch, le “Oz” de Tom Fontana, et “The Wire” de David Simon. C’est le passage obligé entre la sitcom, et la série moderne. Concernant “The Wire“, qui donne un tableau parfait des trafics en tous genres à Baltimore à partir des fournisseurs jusqu’au dealers en passant par les forces de Police, son showrunners D.Simon s’est renseigné des mois durant avant d’écrire le scénario. Porté par un casting 5 étoiles avec Idris Elba, la série traite tout simplement d’une société qui tombe à Baltimore avec un réalisme saisissant.

Après son “Treme” à la Nouvelle Orléans, David Simon s’intéresse de près à l’industrie du porno aux USA. Sa nouvelle série “The Deuce” décrit les balbutiements de l’industrie pornographique à Hell’s Kitchen à New York dans les années 70′. Comme pour The Wire, il n’y a pas de héros attitré dans The Deuce. La série suit plusieurs personnages dont quelques Hookers (prostitués), des Pimp (mac), deux barmans, et une prostitué indépendante. Là encore, David Simon se distingue par la force des détails. Certaines scènes dans le Hell’s Kitchen des années 70′ avec ces long traveling sur l’avenue du sexe, ou cette conversation entre deux macs qui comparent Nixon à un proxénète ont une seule essence : vous plonger dans la réalité.

La série raconte comment un barman excédé par ses drames existentiels, et son frère parieur raté, se lancent dans l’industrie de la pornographie avec une prostitué qui cherche à vivre sans macro. En dehors de cette trame, se joue le grand drame des protagonistes malheureux de l’industrie du sexe. Comme pour The Wire, il n’y a pas de moralisme dans l’œuvre de Simon. En revanche, il décortique les marqueurs sociaux de ses personnages avec tellement d’exactitude qu’on pourrait dire qu’il y a une forme de fatalité dans son œuvre. Lorsque trois prostitués parlent entre elles, et que l’une d’entre elle évoque un mac pour dire que : “Les filles qui travaillent avec lui ont tous un gros problème avec leur père” (complexe d’Œdipe aggravé), et que son interlocutrice répond : “Comme nous toutes“, on est tenté de croire au déterminisme. Puis il n’y a ni innocent, ni coupable, ni héros ni salop dans ce The Deuce, tout le monde joue son rôle dans cette tragédie moderne aussi terrible que banale qui se joue au coin de tous nos trottoirs.

La réalisation est haletante. Il n’y a pas de temps d’arrêts. La violence des images et des situations interrogent. Car si le cinéma américain adore présenter dans ses films de Noël qui débarquent dans quelques semaines l’image d’une société magnifiée plus que parfaite portée par l’amour et l’amitié, The Deuce met en lumière les pires travers de l’homme, et son avilissement à l’argent. Devant le succès immense des trois premières saisons, la quatrième saison pourrait bien être validée ! De plus en plus de rumeurs actent en ce sens.

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