Certaines personnes diront mon cœur. Mais ça ne serait pas plutôt un train ou un ascenseur ?

Une voix, c’est du sable. Tout à coup, il se met à pleuvoir.  Et l’on est face à soi. Et l’on tient à tout ce que l’on voit même si c’est un embrun.

Une âme ne court pas les trains. Elle est faite avec le grain de milliards de souvenirs. Aucune vie ne peut tous les retenir. Le sable est partout. Physique du deuil, il est cette douleur et cette bouche que l’on touche. Que l’on écoute.

Tricky a perdu sa fille. Il en parle dans son album Fall To Pieces. Quand je l’ai appris, je me suis dit que je ne voulais pas entendre ça. Que j’aurais l’impression d’être un voyeur.

Puis, je me suis fait offrir cet album pour mon anniversaire par une femme que je connais. Les titres sont assez courts. 

L’album couvre 29 minutes. Tricky  y « chante » à peine. Il laisse deux femmes chanter la plupart de ses textes :

Marta Zlakowska et Oh Land.

Tricky a toujours cette voix de celui qui tente de muer et de se déterrer son corps. Je l’ai vu une seule fois sur scène. Au 104. J’avais été étonné de voir à quel point  il cherchait à passer incognito. Alors qu’il était seul sur scène. Et, nous, nous étions nombreux à être venus pour lui.

La musique de son album Fall to Pieces est incroyablement douce. A la limite du supportable. Sans doute que la colère ne lui sert plus à rien. Alors, on crie pour lui.

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