Petites taches de rousseur, des mèches tout aussi rousse, il y a du Fifi Brin d’Acier chez Majuscule. La jeune artiste signée chez New Times Song a lancé ses “Saisons” dans les bacs. Un E.P qui lui ressemble sans trop d’arrogance avec beaucoup de non dit. Un slam lancinant qui coule de sa voix singulière et âpre, et surtout un verbe quil défie l’imagination. Ce verbe taillé dans la roche, vanité de la langue française, exception de la musicalité française qui a toujours préféré le fond à la forme, vous transporte dans un univers aussi noir que peu familier. Majuscule dans le fond et la forme c’est une fille abandonnée et blessée. Aujourd’hui du haut de son petit mètre 60, elle domine par son expérience les élucubrations masturbatoires du mâle dominant dans le Rap français.

Les Raisons de la Colère

Et pourtant, la vie de cette Majuscule c’était comme la Ballade Hadès, une danse avec le démon, heureuse et dramatique, qui a déporté la fille de 14 ans loin de sa famille dans un monde que le monde n’a jamais voulu voir.

Majuscule dans sa jeunesse

Majuscule naît dans une famille dominée par une femme catholique traditionnaliste, et un père bien trop absent pour se dresser contre la matriarcat de circonstances. Elle découvre son homosexualité dès sa plus tendre enfance : “Franchement, dès mes cinq ans j’en ai eu un aperçu, c’est pas avec les garçons que je jouais au docteur“. Sans doute, joue t-elle la comédie pour avoir la sensation d’être “normale“. A 6 ans, elle tente même l’aventure avec un amoureux transit qui lui offre un bouquet de fleurs en classe : “La maitresse avait cru que c’était pour elle et devant toute la classe il avait dit que non, c’était pour moi“. Puis c’est le temps des désastres, elle fait un coming out involontaire devant ses parents. Le père “a toujours été un peu caché derrière ma mère pour l’éducation à proprement parlé, pour un peu tout nous concernant d’ailleurs. Il parle peu, il agit plus“. La mère entre dans une colère folle, et le traite de pédophile : “Tu crois qu’elle te laisserait garder tes cousines“. S’ensuit un rejet total de la matriarche.

Majuscule continue de se dire hétérosexuelle ou bisexuelle. A 18 ans, elle fait un black out chez une amie. Elle est envoyée illico presto à l’hôpital psychiatrique où elle vivra l’enfer de la médecine forcée. Bourrée au neuroleptique par une psychiatrie qui ne comprend absolument pas le désarroi de cette “petite fille“. Impossible de comprendre le comportement de ses médecins qui se comportent encore plus mal que des flics homophobes au commissariat. Peut être essaient t-ils de soulager la famille. Mais Majuscule sort métamorphosée de ces deux semaines passées à l’Hôpital psychiatrique. Elle n’a plus d’âme, son esprit ne connaît que la tourmente et la souffrance.

Jeunesse de Majuscule

Alors sa mère décide de la placer chez “un mec“. Elle propose même de lui donner 300 euros par mois, mais le mec refuse : I”l lui a dit que c’était pas la peine, il savait qu’il pourrait me baiser/violer“. Alors la danse avec Lucifer peut commencer :

J’ai commencé à vendre beaucoup, beaucoup de drogues, et j’ai aussi commencé à en avoir vraiment, mais alors vraiment marre. Et j’ai commencé à m’assumer et bizarrement quand j’ai plus accepté qu’il me touche, oh bah, j’ai dû partir. Une sale race immonde.

retrouvez le deuxième numéro « la ballade d’hades » dès demain

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