
Zamdane dévoile « Été solitaire », le nouveau clip de la réédition de Rahma
July 10, 2026
Le 22 mai 2025, Zamdane dévoile son projet « Rahma », un titre emprunté à l’arabe qui signifie « miséricorde ». Depuis plusieurs années déjà, le rappeur d’origine marocaine a posé ses valises à Marseille, ville où il façonne une écriture singulière, d’une aisance rare.
Interrogé par La Provence en 2025, à l’occasion de la sortie de « Rahma » et du documentaire réalisé par Grünt autour de la genèse de l’album, Zamdane confie que son écriture relève avant tout de l’instinct. Selon lui, on ne « choisit pas » un sujet : ce sont les émotions qui guident la plume, et parfois quelques notes de piano ou de guitare suffisent à déclencher l’inspiration.
Cette spontanéité irrigue tout le storytelling de Zamdane. Nourrie par la nostalgie de l’exil, sa musique traverse les projets et les singles comme un fil rouge sensible. Contrairement à nombre d’artistes de sa génération, il ne cultive aucun attrait pour le luxe ou la démonstration de richesse. Il ne cherche ni à briller ni à se proclamer meilleur que les autres. Ses désillusions, sa poésie, sa mélancolie et sa nostalgie dessinent plutôt le portrait d’un artiste puissant, déraciné trop tôt, comme tant d’autres de sa génération.
Engagé auprès d’associations venant en aide aux migrants, il inscrit son œuvre dans une forme de continuité humaine et sociale.
Une bonne nouvelle est venue accompagner la sortie du projet : « Rahma », qui réunit plusieurs invités prestigieux — SCH, PLK, La Fève et Solann — a réalisé près de 15 000 ventes dès sa première semaine. Quant à la tournée Rahma, elle affiche complet, avec plus de 200 000 billets vendus. Sans buzz artificiel ni coup d’éclat médiatique, Zamdane s’impose désormais parmi les figures majeures du rap et de la chanson française.
Après tout, comme le rappelle le poète de Kinshasa (Youssoupha), le rap est aussi une forme de chanson française.
L’artiste réédite ensuite « Rahma » avec trois nouveaux titres, dont « Été solitaire », accompagné d’un visuel inédit.
Zamdane sort « Été solitaire »
La composition instrumentale est signée Thug Dance, Guapo, Icy, TrunkMeBaby, Jeremy Patry et MelvinGK.
Thug Dance avait déjà produit « Dernière pluie » de Zamdane, ainsi que le titre estival de Soso Maness en featuring avec PLK et Naps. Jeremy Patry, alias JY Prod, avait lui aussi collaboré avec Zamdane, notamment sur « Monstres ». Il a également produit « Gari » pour L’Algérino, Franglish et Alonzo.
L’instrumentale repose sur quelques notes de piano jouées avec douceur, soutenues par une rythmique feutrée aux accents reggaeton. La basse, volontairement discrète, laisse toute la place à une ballade à mi-chemin entre rap et chanson française.
Zamdane y déploie toute la finesse de sa plume pour exprimer un profond malaise et plusieurs désillusions :
« Le ciel est autoritaire, disons que l’enfer est la dernière impasse
C’est ni la couleur ni la forme des plumes qui séparent les anges des rapaces
J’ai enterré un tel et un tel, again and again, mais j’ai pas enterré la hache
Les deux jambes dans un sol marécageux et ma vision floutée par la tache »
L’artiste délaisse les egotrips saturés de testostérone et les bûchers de vanités pour privilégier la sincérité. Une nouvelle démonstration de son talent lorsqu’il s’agit de traduire ses émotions en musique.
Le visuel est signé Axel Chely, alias L’Enfant Soleil. Comme souvent sur les morceaux introspectifs de Zamdane, le clip est tourné en noir et blanc. Entre la cité et la mer — cette dernière symbolisant à la fois l’espoir et le danger —, le réalisateur accompagne le rappeur dans une errance estivale empreinte de poésie.
Axel Chely avait déjà mis en scène « Putain d’hiver » de Jolagreen23 et signé le montage du teaser annonçant le nouvel album de Gradur ainsi que son Olympia.