
Lacrim et Missan dévoilent « Liberté », leur morceau pour l’été
August 15, 2026
Lacrim s’est imposé comme l’une des figures incontournables du rap français. Là où nombre d’artistes doivent longuement construire leur crédibilité, le rappeur de Chevilly-Larue n’a jamais eu besoin de forcer le trait : son vécu parlait déjà pour lui. À sa sortie de prison, il franchit un cap décisif en signant chez Def Jam un premier contrat d’artiste portant sur deux projets.
Dans le même temps, il lance les deux premiers volets de R.I.P.R.O, une série de mixtapes devenue, au fil des années, un pilier de sa discographie. L’aventure s’est achevée en 2025 avec un ultime épisode destiné à refermer définitivement le chapitre. Comme il l’expliquait à Mehdi Maïzi dans l’émission Le Code, R.I.P.R.O a progressivement dépassé le simple format de la mixtape pour devenir « une saga ».
La naissance de cette série raconte également les premiers combats de Lacrim au sein de l’industrie musicale. À l’époque, le rappeur estime disposer du « plus petit des contrats d’artiste ». Son album Corleone, premier projet publié chez Def Jam, est pourtant certifié disque d’or en seulement dix jours. Le succès est considérable, mais les conditions du contrat permettent à la maison de disques de capter l’essentiel des bénéfices.
Lacrim demande alors au patron de Def Jam, Benjamin Chulvanij, l’autorisation de publier deux mixtapes en dehors de leur accord. Celui-ci accepte. C’est dans cet espace de liberté, gagné en marge de son contrat, que commence véritablement l’histoire de R.I.P.R.O. Depuis, le rappeur a poursuivi son chemin vers l’indépendance. Il publie désormais ses projets sur son propre label, Plata o Plomo.
Son dernier album, Cipriani, constitue cependant une proposition à part dans sa discographie. Depuis plusieurs années, Lacrim développe une carrière qui dépasse largement les frontières françaises. Installé entre Dubaï et le Maroc, il ne séjourne plus que rarement à Paris. Une distance qu’il justifiait dans les colonnes du quotidien Le Monde : « Trop difficile de sortir à Paris, même d’y avoir une vie privée. »
Son album éponyme, Lacrim, témoignait déjà de cette ambition internationale à travers plusieurs collaborations avec des figures majeures du rap américain. Avec Cipriani, l’artiste déplace cette fois son regard vers l’Italie et construit un projet entièrement consacré à la scène transalpine. Il y invite notamment Baby Gang, Simba La Rue, Guè, Lazza, Luchè, Noyz Narcos, Niky Savage, Nerissima Serpe et Papa V.
Ce rapprochement avec l’Italie ne date pas d’hier. Pour le clip de L’Immortel, Lacrim avait déjà posé ses caméras à Naples, au cœur de bâtiments historiques autrefois liés à la Camorra. Au fil de sa carrière, il a également multiplié les collaborations avec les artistes de l’autre côté des Alpes, jusqu’à faire de cette connexion l’ossature entière de Cipriani.
Après cette parenthèse italienne, Lacrim revient avec Liberté, un morceau estival enregistré aux côtés de Missan. Révélé au grand public grâce au projet collectif 13 Organisé, le jeune rappeur incarne une autre facette de la scène marseillaise. Originaire du quartier de l’Opéra, en plein centre-ville, il s’éloigne de la géographie habituellement associée au rap de la cité phocéenne, souvent concentrée autour des quartiers nord. Avec plus de 600 000 auditeurs mensuels sur Spotify, Missan n’a d’ailleurs déjà plus grand-chose d’un rookie.
Lacrim et Missan prennent la direction de l’été avec Liberté
La production de Liberté est signée Chahid, comme l’indiquent les crédits publiés sur YouTube. Le compositeur connaît parfaitement l’univers de Lacrim, avec lequel il collabore depuis plusieurs années. On lui doit notamment les instrumentales de Boss, en featuring avec Rick Ross, mais aussi celles de Cherngtalay, No lo sé, Colisée et Corleone II.
Avec sa rythmique entraînante et sa production taillée pour les soirées estivales, Liberté dévoile un visage plus léger de Lacrim. Malgré son statut de rappeur de rue et une street credibility restée intacte, l’artiste n’a jamais hésité à sortir ponctuellement de son registre le plus sombre. Sa discographie comporte ainsi plusieurs titres introspectifs, mélodiques ou franchement festifs.
Liberté s’inscrit dans cette dernière catégorie sans pour autant rompre avec les thèmes qui traversent son œuvre. Derrière l’atmosphère estivale, Lacrim continue de parler de méfiance, de surveillance et d’un quotidien régi par les codes de la rue :
« Je peux pas rester, j’ai trop de gens à lister,
Ils veulent nous épier, nous pister. »
Chez Lacrim, même les sentiments conservent ainsi une certaine dureté. L’amour existe, mais il demeure indissociable de la loyauté, du danger et de la défiance. Même lorsqu’il s’aventure sur un terrain plus festif, le rappeur ne renonce jamais complètement à ce qui constitue son identité.
Réalisé par Transac, proche de Hustler Game, le clip prolonge cette ambiance en réunissant les deux artistes dans un décor où le luxe s’affiche sans retenue : voitures imposantes, silhouettes féminines et mise en scène ostentatoire composent l’essentiel du tableau.
Transac s’est progressivement imposé comme un réalisateur régulier du rap français. Après avoir travaillé avec des artistes comme Maes, il a récemment signé les clips de Santa Barbara pour Lacrim et ZZ, de Les Clés en main pour Fresh La Douille et Saïf, ainsi que de Quartier chaud pour Hornet La Frappe et Leto.