De passage dans les studios de Planète Rap, il a affirmé – en réponse à Alonzo – que « le rap français n’a plus rien à envier au rap américain ». Une déclaration en résonance avec l’analyse de Mehdi Maizi dans Le Point, où le journaliste souligne que le rap hexagonal s’est construit en marge du modèle américain et possède désormais une identité singulière et affirmée.
Dans cette logique d’ouverture, l’artiste dévoile le single Titanic : un morceau doux, presque une thug love song, qui illustre cette nouvelle facette de son répertoire.
Leto mise sur la mélodie avec Titanic
La production de Titanic est signée YATS! et Raed. Ce dernier, figure incontournable de Winterfell Music, collabore régulièrement avec Scvlra et a largement contribué au catalogue de Leto. On lui doit notamment des titres marquants comme Bédo du matin & Goût amer, Mozart Capitaine Jackson (Épisode 4), Jamais on stresse ou encore Sentiments billet de 100. Ici, quelques arpèges de guitare, posés sur un BPM lent, offrent une ambiance intime et apaisée où Leto déclame :
Han (han), je cours après l’oseille, pas après les femmes
Elle dit qu’elle peut m’aimer pour toujours, moi j’y crois pas
Pour rentrer dans sa pussy j’ai trouvé la faille
Han, si t’es là quand j’suis fauché, tu seras là quand j’aurai de la maille
À travers ce morceau, le rappeur explore une véritable thug love story, un registre où le rap excelle. Dans la continuité de classiques comme Bonnie & Clyde de Jay-Z ou Tombé pour elle de La Fouine, Leto croise récits de rue et sentiments intimes, entre réalisme brut et romantisme désabusé.
Le clip, sobre et élégant, tourné en noir et blanc, vient sublimer ce parti pris artistique. Derrière la caméra, on retrouve Kenzy Amellal, originaire du nord de Paris comme Leto. Le réalisateur s’était déjà illustré avec le projet 75 regards, filmé à l’iPhone, où il captait en 75 plans fixes l’âme du nord de Paris, de Belleville à Barbès, quartier cosmopolite où les communautés se croisent et cohabitent dans une effervescence unique.


