En réalité, lorsque Da Uzi dévoile son « Mexico », les insiders découvre un rappeur doué par ses mots et par son style. Mais le rappeur est enterré dans la masse des productions rap du moment. Avec sa technicité et son gansta rap, le natif de Sevran ne se fait pas sa place chez Monsieur et Madame tout le monde. Avec ses textes « vrais de vrais », le rappeur réalise un score honorable en première semaine avec 5000 opus vendus mais ne décroche pas le disque d’or. Avec « Architecte », il ne commet pas la même erreur.

« Cette fois ci, je connais le dos des cartes alors je mise tout sur mon sefi » (Shurik’nAnimalement Votre). Un an après le projet « Mexico », Da Uzi sort clairement l’artillerie lourde, et dévoile un opus qui lui ressemble, mais qui est beaucoup plus complet au niveau des sonorités. De plus, le rappeur de Sevran déclenche un style tout à fait spécifique dans ce rap game. Un style tout en finesse dérivé des dernières évolutions du rap Français.

«  Sad Hill » de Kheops divisait le monde en deux catégories : « ceux qui ont le pistolet chargé et ceux qui creusent ». Le Rap se divise lui aussi en deux catégories : ceux qui explosent en usant des artifices de studio sans jamais vraiment rapper, composer ou écrire, et ceux qui savent tout faire. Da Uzi l’a prouvé dans Mexico, il a le verbe tranchant, un vécu à raconter, et un talent inné pour le mettre en forme. Ce qui lui manquait c’étaient sans doute une série de Top Liner, et admettre que le marché du rap a évolué . Et donc qu’aujourd’hui, il y autant de jeunes squales qui écoutent du Rap Français, qu’un public qui n’a absolument rien à voir avec le quartier en général.

Dans son album , « L’architecte » établit un sytème impressionnant. Avec « Plus Belle la Vie » qui inaugure la promo du nouveau projet, le French Uzi avance mélodramatique dans un Sevran qu’il connaît que trop bien. Sans forcer sur le rap, il exprime son vécu dans une ballade de Rap. Pas besoin de crier pour se faire entendre et comme le précise Seth Gueko dans « Titi Parisien » : « rapper vite ca veut pas dire rapper bien ».

Il annonce son album de la plus originale des manières avec une vidéo réalisée à base de insta Story. C’est le titre « En Avance » ou le rappeur kick comme jamais en egotrip. Oubliez les « mélodrames » et « le vécu qui désespère » ? Non ! N’en déplaise aux «  puristes de 15 piges », le rappeur alterne d’un style à l’autre pour dévoiler un répertoire immense. Avec un SCH plus nwar que jamais qui veut « ni amour ni amitié », il complète son alter égo avec un chant bicéphale, trap et hardcore, d’un côté, et en chantant avec une voix cassée de l’autre côté.

Avec Ninho dans « Crois moi » ou avec Alonzo, Da Uzi souffle le chaud et le froid d’un morceau à l’autre mais également à l’intérieur même d’un même morceau. Avec ses variations de voix, le rappeur fait de chaque morceau une véritable composition. Et avec « Crois Moi », le rappeur se place dans le continuité de Booba avec « Arc En Ciel » , ou Dosseh avec « Habitué », il réalise des titres de Chanson urbaine. Pas vraiment de la Pop, pas non plus du Rap pur et dur, la Chanson Urbaine est l’évolution naturelle d’une musique française qui depuis toujours a favorisé la qualité des textes. Sur le morceau suivant, Da Uzi s’embarque sur un béat reggaeton dans un morceau plus Pop avec « Autre Part ».

Chanson urbaine, Trap, Cloud, Pop, et Kick, d’un morceau à un autre Da Uzi alterne entre les styles. A l’intérieur même d’un morceau, avec ses variations de voix à la manière d’un Niska, il met le « mettage dans des cases » a sur épreuve. Sur le fond aussi entre égotrip, malaise et doute, le rappeur est aussi pertinent qu’un PNL dans la mesure où il sait où mène la vie de quartiers et ses petits arrangements. Comme ils aiment a « le dire » avec Maes : ils se sont « connus en galère » il se retrouveront « au sommet ».

L’architecte vient de trouver son style et sa place dans un Rap qui avait vraiment besoin de se renouveler.


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