De Africa Jungle à Sans Visa : l’ascension de Soolking racontée par ses collaborations et ses producteurs

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C.E.O HELL SINKY, author, journalist, documentary

Raconter Soolking, c’est suivre une trajectoire entre ancrage urbain et portée populaire. Ancien membre du collectif Africa Jungle, il a fait de sa voix — mi-rappeur, mi-chanteur — une boussole capable de naviguer entre les codes du rap français et des inflexions maghrébines. Cette dynamique, perceptible de son premier grand projet solo à ses sorties récentes, s’explique aussi par une géographie de collaborations et une science du choix des productions. Plutôt que de répéter sa fiche, on détaille ici le fil rouge de cette construction artistique, à partir des informations vérifiées de sa page artiste UrbanTrackz et des clips clés.

Cap sur 2018 avec Fruit du démon, qui installe l’esthétique Soolking : récit personnel, couleurs mélodiques affirmées, et cette manière de tordre la rythmique pour la faire chanter. L’album a franchi les paliers de certification jusqu’au platine, sans que la musique ne perde en identité. Ce succès de format confirme une intuition : l’équilibre entre un squelette rap et une chair pop est le bon angle. Les collaborations qui suivront s’inscrivent dans cette ligne : faire voyager la voix, mais garder le bounce.

En 2022, Sans Visa valide la méthode et obtient la certification platine. Plus qu’un simple statut, c’est la preuve qu’un artiste peut, au cœur du rap francophone, assumer des refrains panoramiques, tout en restant lisible pour la rue. Ce projet cristallise l’alliance d’un songwriting accessible et de textures urbaines affûtées. Il consacre aussi un réseau créatif désormais solide : des réalisateurs récurrents et des beatmakers qui comprennent la voix Soolking et ses respirations.

Parmi les jalons récents, l’un des plus parlants est « Carré ok » avec Gims. La production réunit Maximum Beats, Alban Chance et Soolking lui‑même à la co‑prod : une configuration qui amplifie la direction mélodique du titre, tout en conservant le ressort rythmique. La réalisation, signée Soolking & Nabym Ben Bakar, prolonge l’intention : grand angle visuel pour un refrain qui s’attrape vite, détails de mise en scène pour garder le muscle urbain.

Soolking ft. GIMS - CARRÉ OK [Clip Officiel]

Autre binôme marquant : « Tiki Taka » avec SCH, produit par Dany Synthé et Kilian Sambat-Dehlot, clip dirigé par DigitalNak. Ici, la sophistication des arrangements rencontre la gravité vocale de SCH et la souplesse mélodique de Soolking. Le résultat : un titre en tension douce, qui fait dialoguer une basse épaisse et des lignes vocales courbes. On y lit la capacité de Soolking à cohabiter avec des univers forts, sans diluer sa propre couleur.

Soolking ft. SCH - Tiki Taka [Clip Officiel]

Quand il croise Ninho sur « C’est fort », la production, signée Voluptyk et Beatmaker, choisit l’efficacité afro-trap : percussions mobiles, tempo qui convoque la performance, et un espace mélodique suffisant pour aligner un refrain mémorisable. La mise en image par Nadym renforce la propulsion du morceau. C’est typiquement le terrain sur lequel Soolking bascule sans effort du punch au hook, et où sa tessiture agile devient un instrument rythmique à part entière.

L’itinéraire poursuit son tour avec « Tour du Monde » en compagnie de L2B. Production plurielle créditant Abderraouf Derradji (Soolking) et Alban Sturaro notamment, et clip par DigitalNak. Le morceau porte bien son nom : ouvert, lumineux, calibré pour l’itinérance. On y entend la volonté de raconter la mobilité — géographique, musicale, émotionnelle — qui traverse la carrière de Soolking depuis ses débuts collectifs jusqu’à ses refrains fédérateurs.

Soolking ft. L2B - Tour du monde [Clip Officiel]

En solo, « Que Miras Bobo » (prod. Voluptyk & Alban Chance, réalisation Nadym Ben Bakar) illustre autre chose : la façon dont Soolking intègre des clins d’œil culturels dans une forme pop urbaine immédiatement abordable. Les percussions, vivantes mais sans surenchère, laissent la voix étirer des lignes mélodiques franches. On mesure ici l’importance du choix de producteurs qui comprennent son timbre et savent où poser les respirations.

Soolking - Qué Miras Bobo [Clip Officiel]

Ce réseau de beatmakers est une clé de lecture. À côté de Voluptyk, on retrouve régulièrement Alban Chance, Maximum Beats, mais aussi Dany Synthé, Kilian Sambat-Dehlot, etc. Tous ont en commun d’offrir à Soolking des cadres où sa double nature — flow et chant — peut s’équilibrer. Et l’artiste n’est pas qu’interprète : crédité à la production sur certains titres, il montre qu’il sait orienter la direction sonore quand la chanson l’exige.

À l’image, la fidélité paie. DigitalNak signe plusieurs clips (dont « Tiki Taka » et « Tour du Monde »), tout comme Nadym Ben Bakar (« C’est fort », « Que Miras Bobo »). Ces binômes installent des repères visuels : grands espaces quand la production ouvre, cadrages plus resserrés quand le beat cogne. Le résultat est un récit continu, où la cohérence d’ensemble prime sur la simple addition de singles.

En remontant le fil, on voit se dessiner une stratégie claire : se tenir à la croisée. De Fruit du démon (échafaudage de l’esthétique, certifications jusqu’au platine) à Sans Visa (platine, consolidation du format), Soolking s’est entouré pour mettre sa voix au centre. Les collaborations avec Gims, SCH, Ninho ou L2B ne sont pas seulement des rencontres de têtes d’affiche : ce sont des angles d’attaque sonores différents qui prouvent la polyvalence de l’artiste, sans brouiller sa ligne. Pour suivre ces trajectoires et d’autres décryptages, cap sur notre FOCUS MUSIQUE et la fiche Soolking, où l’on retrouve les crédits, clips et partenaires qui structurent sa discographie.

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