Stranger Things fait partie de ces séries sur Netflix qui renversent les codes. Ce n’est ni l’histoire d’une Mafia comme “Gomora” ni celle d’un Gang comme dans “La Casa de Papel”, et encore moins une chronique sur l’adulescence américaine. Avec Stranger Thing, Matt et Ross Duffer, les deux showrunners, ont récréé l’univers des années 90′.

Dans les décors, le choix des personnages, le style vestimentaire, et même au niveau de l’intrigue qui fait la part belle aux monstres si populaires au temps d’Avoriaz et de Stephen King, Stranger Thing semble être né avec près d’une vingtaine d’années de retard. Finalement, c’est l’époque d‘ET et les enfants naïfs et plein d’espoir des grands films de Spielberg que s’étale sur trois saisons. Le personnage édenté de Dustin interprété par Gaten Matarazzo est à ce titre plutôt révélateur, avec sa casquette et son visage joufflu il sort tout d’un droit de l’époque des jeux de rôle, quand les jeux vidéos n’étaient que deux barres montant de bas en haut.

Mais le problème était le suivant : les créateurs de la série déjà fatigués par deux saisons plutôt réussis allaient-ils éviter certains clichés en enclenchant une troisième saison sortie il y a quelques semaines sur Netflix ? En réalité, plus ou moins !

Comme toutes séries ou comme tous longs métrages mettant en scènes des enfants, la série est amenée à faire évoluer ces personnages et leurs “problèmes”. Désormais les enfants de “Stranger Thing” sont des adolescents avec leurs problèmes de cœur et leurs rancœurs de couple. Sur ce sujet, Elfe et les autres sont enfermés dans des banalités que l’on retrouve dans tout teenage movie digne de ce nom avec un côté rose bonbon carrément assumé.

En revanche, comme pour la série “Riverdale”, il semble que le cliché soit le parti pris des showrunners. Oui, ces enfants plein d’espoir qui se battent contre le méchant monstre soviétique grâce à une elfe qui a des pouvoirs psychédéliques appartiennent à l’imaginaire et aux fantasmes des années 90′.

Les créateurs, grands architectes d’une série réussie, sont là pour mettre en scène une époque avec ses rêves inachevés. Il ne sont pas là comme dans les séries de David Simon pour faire le tableau d’une réalité étudiée dans ses moindres détails comme dans “The Wire”, “Treme” ou dans le “OZ” de Tom Fontana (fondateur de la série contemporaine américaine).

Comme dans Harry Potter, les enfants de Stranger Things sont confrontés à la mort, et à des problèmes de plus en plus sérieux. Comme dans Harry Potter, le public grandit avec les acteurs, se débarrasse de la puberté pour entrer dans l’âge sombre, l’âge adulte.

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