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Ewing Sima : du Congo aux scènes européennes, le parcours d’un artiste aux multiples facettes

Passé par Konono N°1 avant de développer sa carrière solo, Ewing Sima navigue depuis près de deux décennies entre musique congolaise, expérimentations, afrobeat et culture numérique. De Kinshasa aux festivals européens, son parcours raconte…

Ewing Sima : du Congo aux scènes européennes, le parcours d’un artiste aux multiples facettes

Passé par Konono N°1 avant de développer sa carrière solo, Ewing Sima navigue depuis près de deux décennies entre musique congolaise, expérimentations, afrobeat et culture numérique. De Kinshasa aux festivals européens, son parcours raconte aussi celui d’un artiste qui a progressivement élargi son univers bien au-delà de la musique.

Des premières notes à l’église à Konono N°1

Originaire de la République démocratique du Congo, Ewing Sima découvre très tôt le chant à travers la chorale de son église. C’est dans cet environnement qu’il commence à travailler sa voix de ténor et à envisager plus sérieusement la musique.

Un premier tournant intervient en 2006 lorsqu’il rejoint Konono N°1. La formation congolaise s’est imposée avec un son immédiatement reconnaissable, construit autour des likembés amplifiés, des percussions et d’une approche électrique de la musique traditionnelle congolaise.

L’expérience ouvre rapidement à Ewing Sima les portes de l’international. En 2008, il participe notamment à une tournée scandinave avec le groupe, qui passe par la Suède, le Danemark et la Norvège. Une première confrontation avec les scènes européennes qui jouera un rôle important dans la suite de son parcours.

Une aventure qui dépasse la scène

Ewing Sima participe également à Assume Crash Position, album de Konono N°1 sorti au début des années 2010. Mais son ambition artistique ne se limite déjà plus à son rôle au sein du groupe : il commence progressivement à développer ses propres projets et à chercher une identité musicale personnelle.

Entre 2006 et 2007, il fonde ainsi avec plusieurs amis TP Mukalo, projet qui sera ensuite rebaptisé Tout Puissant Kimvuka. Cette volonté de multiplier les expériences va devenir l’un des fils conducteurs de sa carrière.

De Jneiro Jarel à Damon Albarn

Le parcours d’Ewing Sima l’amène également à croiser des artistes issus d’univers très différents. Il collabore avec le producteur américain Jneiro Jarel sur African Space Anthem.

Il participe aussi à Kinshasa One Two, projet enregistré à Kinshasa autour de Damon Albarn. Ces expériences placent le chanteur au croisement de plusieurs mondes : la tradition musicale congolaise, les expérimentations électroniques et une scène internationale de plus en plus attentive aux nouvelles expressions musicales venues de Kinshasa.

Sikoyo Music et l’ancrage européen

En 2017, Ewing Sima franchit une nouvelle étape en créant Sikoyo Music avec Matthias Hoogewys et Rafaello Visconti. L’aventure se développe notamment en Belgique, où le projet enchaîne pendant plusieurs années les apparitions dans des festivals à travers la Flandre.

Cette période confirme l’importance de la scène dans le parcours d’Ewing Sima. Plus qu’un simple interprète studio, il construit une partie importante de son identité artistique autour du live et de la performance.

« Touche-Moi », un tournant dans sa carrière

En 2019 arrive Touche-Moi, morceau qui marque une nouvelle étape dans son évolution musicale. Ewing Sima y explore un registre plus mélodique et sentimental, porté par une atmosphère sensuelle et des sonorités qui se rapprochent davantage de l’afrobeat contemporain.

Le morceau permet à son univers de toucher un public plus large et connaîtra ensuite une version revisitée, accompagnée d’un nouveau clip. Cette évolution illustre la capacité d’Ewing Sima à conserver ses racines congolaises tout en les confrontant aux formes actuelles de la musique africaine populaire.

Sur les routes avec Jupiter & Okwess

La scène reste parallèlement au cœur de son parcours. Ewing Sima accompagne notamment Jupiter & Okwess lors d’une importante série de concerts et de festivals en France.

Il se produit alors sur plus d’une dizaine de scènes et passe notamment par Caravansérail, ZikZak, Paris Plage, Fiest’A Sète ou encore plusieurs rendez-vous estivaux français.

Une association finalement assez naturelle : Jupiter & Okwess et Ewing Sima partagent cette volonté de faire voyager la musique congolaise tout en la confrontant au rock, aux musiques électroniques et aux sonorités contemporaines.

Une seconde vie sur les réseaux sociaux

Mais Ewing Sima ne construit pas uniquement son public à travers les concerts et les plateformes musicales. Il développe également un univers particulièrement identifiable sur TikTok, Instagram et Facebook.

Dans ses vidéos, il raconte son quotidien avec humour, souvent en lingala, tout en utilisant également certaines expressions en kikongo. Loin des contenus promotionnels traditionnels d’un artiste, ses vidéos jouent davantage sur les situations du quotidien, sa personnalité et un humour directement lié à son environnement culturel.

Un mot finit notamment par devenir indissociable de cet univers : « Kwatulu ». Utilisé comme gimmick, le terme donne progressivement naissance à une véritable identité communautaire. Ewing Sima baptise ainsi ses abonnés et ses fans les « Kwatuluzers ».

De Kwatuluzer à « Tenue de la Gloire »

Cette communauté virtuelle finit par dépasser les écrans. Ewing Sima transforme l’identité Kwatuluzer en projet vestimentaire avec une ligne baptisée Kwatuluzer – Tenue de la Gloire, directement inspirée des vêtements et des codes visuels qu’il met en avant dans ses vidéos.

Musique, humour, mode et réseaux sociaux commencent alors à fonctionner comme les différentes composantes d’un même univers. Une évolution révélatrice de la manière dont certains artistes contemporains construisent désormais leur identité : le morceau n’est plus nécessairement le seul centre du projet, mais l’un des éléments d’une culture plus large développée autour de leur personnalité.

Des collaborations entre Congo et diaspora

Ewing Sima conserve parallèlement des liens avec différentes générations de la musique congolaise. Il collabore notamment avec Samarino sur Holy Love et avec 2Boules sur Bilobela Mwanza.

Il travaille également à plusieurs reprises avec Poison Mobutu, figure historique du hip-hop congolais et de sa diaspora européenne. Les deux artistes se retrouvent notamment sur Mushina, tandis que Amanda réunit Ewing Sima, Poison Mobutu et Shvngz.

Ewing Sima, un parcours construit entre plusieurs mondes

Réduire Ewing Sima à l’afrobeat serait finalement passer à côté d’une grande partie de son histoire. Son parcours commence dans une chorale congolaise, traverse l’univers singulier de Konono N°1, passe par les expérimentations internationales de Damon Albarn, les festivals européens et la scène de Jupiter & Okwess avant de trouver un prolongement inattendu sur TikTok.

Cette trajectoire explique sans doute mieux son identité actuelle que n’importe quelle étiquette musicale. Ewing Sima est un artiste construit entre le Congo et l’Europe, entre héritage et musique contemporaine, entre scène et culture numérique.

Près de deux décennies après ses premières expériences professionnelles, le fil conducteur reste finalement le même : faire voyager une identité congolaise sans jamais l’enfermer dans une seule forme.

À suivre

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