Kalash Criminel I Sélection Naturelle : Pourquoi Kalash Criminel fait une « petite » révolution ?

C’était comme si c’était hier quelque part vers Ménilmontant. Un rappeur cagoulé donnait un concert dans une salle qui a vu passer tout la jeune scène rap hexagonal. En entrant, j’ai été subjugué par l’énergie que l’artiste dégageait sur scène. Hasard, coïncidence, ou fatalité, c’est avec « Sauvagerie » que j’ai été accueilli. Le « Roi des Sauvages » entonnait l’hymne qui allait le poursuivre comme cet adjectif de « sauvage » finalement pas si mal choisi. La Trap était vraisemblablement à ses balbutiements en France. Et elle avait emporté avec elle la plupart des vedettes, et même une bonne partie des rappeurs indépendants. Dans le vacarme des compositions instrumentales minimalistes et un peu déstructurées, autour des imitateurs de Migos, et Gucci Mane, Kalash Criminel fait preuve d’originalité. Le rap récompense la différence. Il y a toujours des leaders et des suiveurs.

Nous voilà plusieurs années plus tard, Kalash Criminel dévoile « Sélection Naturelle« . De la cover, qui place « l’esclavage » dans le « monde d’aujourd’hui« , en passant par la forme qui allie les titres gangsta rap auquel le rappeur nous a habitué et des titres plus mélodieux, jusqu’au fond du discours, KC assume son rôle de « Roi des Sauvages« . De passage chez Medi Maizi, Kalash Criminel a laissé entendre que « La sauvagerie » ne se limitait pas à la forme. Son énergie débordante, sa façon bien à lui, de « découper » les basses, ne suffisent pas à caractériser une rébellion bien réelle qui se cache dans son discours.

A mieux y regarder, « Sélection Naturelle » qui est loin d’un album de rap conscient est presque fondateur. Comme NTM dans les années 90′, loin du Rap conscient entamé par Kery James en 2001, Kalash Criminel a un discours engagé. Dans l’ensemble de son album, il revient sur aussi bien sur « les violences policières » que sur la situation au Congo, la Francafrique en général. Son featuring avec Damso par exemple illustre parfaitement ce genre à la fois gangsta rap, égotrip et engagé. IAM pas connu pour faire du rap conscient non plus a toujours eu une sensibilité sur les questions politiques. On retrouve cette tendance aussi bien dans les titres « Fin de Leur Monde » (plus outrancier), que « L’Enfer » (plus occulté) et dans une moindre mesure « Petit Frère« .

Oui la Trap se mêle enfin de politique, et on doit ça à Kalash Criminel, un rappeur qui dans ses interview a toujours refusé de nier son héritage de RDC, et les terribles crimes commis au Congo. Kalash Criminel a un peu révolutionné la musique….

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