Vald a sorti son nouvel album vendredi dernier avec un titre évocateur : « Ce monde est cruel ». Une conclusion lucide sur notre monde avec la difficulté de s’imposer dans une société où les plus riches sont les plus puissants.

Une critique de notre système capitaliste

Dans plusieurs morceaux, le rappeur dénonce notre système économique où chacun se bat pour son pécule et sa place dans la société. Dans Journal Perso 2 par exemple : « là où le shit et le Smic c’est le max, au-dessus l’esclave serait moins stimulé ». Comme si au-delà du salaire minimum et d’un peu de cannabis, personne ne voudrait faire des jobs ingrats ou sans qualification particulière.

“Populace manipulée au profit de qui ça n’est pas stipulé”

Journal Perso 2, Vald

Dans le morceau Ce monde est cruel, là aussi : « Fais ton argent fermes ta gueule ». Une nouvelle pique à notre système où chacun doit faire son boulot et ne pas poser de questions.

Dans Rappel, il explique encore la difficulté de s’insérer dans le monde du travail. En effet, sans diplôme on commence en bas de l’échelle ou alors en stage sous payé. Une ascension sociale pouvant être lente et parfois laborieuse.

Le pouvoir de la célébrité

Avec beaucoup d’ironie, Vald invente un nouveau type de super héros : Pension man. Ce héros verse en fait une pension alimentaire à son ex-femme ou celle avec qui il a eu un enfant : « Qui veut un salaire je lui fais un gosse ! ».

Une manière sarcastique d’affirmer que le rappeur est « michtonable ». Au cas où une femme aurait un enfant avec lui, elle pourrait en retirer une pension mensuelle.

Dans Ma star, sa notoriété justifierait qu’une fille voudrait rester avec lui en devenant sa star et se sentir comme telle. Le revers de cette célébrité est la grande solitude par laquelle elle peut être accompagnée.

Sur Royal Bacon, le MC chante : « millions de follows solitaire comme Akon ». Comme si malgré les millions de followers sur les réseaux sociaux, une star pouvait être très seule dans la réalité.

Rapper c’est braquer

Sur Dernier Retrait, Vald assimile ses concerts et showcases à des braquages de banques. Avec un air de méchant détendu, il affirme « J’arrive pas cagoulé j’arrive en claquettes ». A peine descendu de scène, il serre la main du patron et repart avec le magot : « Tout le monde les mains en l’air je prends la recette ». Un braquage réalisé avec le marseillais SCH livrant un couplet à la brutalité d’un coup de crosse dans les dents.

Un univers sombre

Dans le titre Halloween, Vald décrit un monde glauque où ses « dates amoureux font entretiens d’embauche ». Il ajoute qu’un an après la sortie de son album il n’a toujours pas touché son avance. Il dévoile également « je baise et je fume même si c’est plus l’extase » comme une routine où il n’en tire plus rien de spéciale.

Dans ASB, il représente sa ville d’Aulnay Sous Bois sur un banger agressif avec un autre rappeur du 93 : Maes.

Un album riche avec de nombreuses thématiques comme la pyramide sociale, la célébrité, la nostalgie et le complot des élites. Même si les sujets abordés sont graves ils parviennent à être traiter avec recul et décalage. Vald ou Valentin a pris de la maturité dans son évolution artistique en restant cohérent vis-à-vis de son personnage.

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