Le Street Art : Un art anti-consumériste

Étrange non ? Mais la culture du graff fait partie intégrante de la sub culture à Stockholm. A ses prémisses, le Street Art fondamentalement anti-consumériste s’affichait partout comme un camouflet à tout ce que l’autorité a engendré d’injustice et de justice. Des artistes de renommé internationale comme Banksy dont l’identité déchaîne passion et fantasme, feront rentrer le Street Art dans les collections privées. Désormais tout collectionneur qui se respecte doit avoir une oeuvre de Street Art dans sa collection.

Seul problème, et c’est bien ce qu’un certain Banksy a compris, le vandalisme fait partie intégrante de la culture du graff. Quelques fois, les taggeurs ou les graffeurs se battent pour “un spot“, le support de l’oeuvre. Et ce support est alors plus important encore que l’oeuvre imprimé sur le support. Le graff, le tagg est une manière de se réapproprier la rue, espace qui appartient à la fois à tout le monde, et à la fois à personne.

Un street artiste de Paris, Repie était descendu dans les camps de réfugiés au Nord de la France, avant que la Police ne défriche les migrants comme de la mauvaise pelouse. Le graffeur avait transformé l’espace de vie des migrants en utilisant le graff et le street art. Des projets similaires comme Djerba Hood illustre cette règle générale. Le graff s’inscrit dans l’espace urbain. Il est insaisissable. Il est difficile de le placer dans une galerie. Car il se réapproprie l’espace urbain, le transforme, conteste, quelques fois confesse. Et les plus grands street artistes sont souvent ceux qui communiquent le mieux avec leur support.

Snösätra : Survivance de l’esprit Street Art

Snösätra est une zone de non droit, et un centre culturel sous ses faux airs de zones industriels désertique. Premier contact avec le site. Samedi dernier, un post sur Instagram laisse entendre que Snösätra organise une petite soirée. A. et AL me préviennent que c’est en toute illégalité que nous allons rejoindre le Wall Of Fame du Graff à Stockholm.

En arrivant autour du site, on ne peut être que complètement subjugué par l’esprit du lieu. Avant d’arriver sur le lieu où se tient la soirée, nous devons chevaucher une haie d’honneur consacrée au graff. Comme un corridor de couleur, chacun des deux côtés du Wall Of Fame est recouvert d’oeuvre de très grande qualité. A me préviendra quelques secondes plus tard. Que cette partie de Snösätra est réservé aux artistes “confirmés” de street art. Ils sont invités à se produire sur le Wall Of Fame. En revanche, les moins connus d’entre eux se rabattent que les espaces qui sont à l’intérieur.

Mais cet espace de liberté est tout bonnement impressionnant. Arrivé sur lieu de la soirée, rien de très méchant. Une trentaine d’initiés remuent sur des sons Drum’n’bass dans le genre de ce qui se faisait à Paris au début des années 00′, aucun faits de violence, et c’est n’est pas non plus le paradis du narcotique. La soirée ressemble à une “free party” légal à Bobigny à Paris avec beaucoup moins de monde.

Snösätra : On rase ?

Hang Over, le dimanche j’apprends que le lieu va être complètement rasé. Les autorités ont pris cette décision au nom du non respect de certaines règles concernant l’environnement. Le lieu est aussi censé représenter un centre névralgique de l’insécurité. En réalité, les autorités suédoises comme l’ensemble des capitales européennes usent ici d’un cynisme utile. Snösätra gêne surtout les autorités suédoises car le lieu échappe au contrôle normatif du pouvoir. Ces îlots de non droit même s’ils n’ont rien d’effrayant dans la pratique créé un précédent non souhaité pour le pouvoir qui par définition a vocation à “régir” l’ensemble du territoire.

Le problème c’est surtout qu’en l’espèces, Snösätra n’est pas un “four“, ni un marché pour les dealers, c’est surtout une “réserve” pour un street art débridé qui s’exposent loin du marché de l’art, encore plus loin de tout marché. En rasant les murs de Snösätra, les autorités suédoises un peu iconoclaste annihilent une rébellion saine et réfléchie. Oui liberté cette fois on t’assassine. Les partisans de Snösätra s’étaient réunie hier devant l’Hotel de Ville.

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