Friday, January 16, 2026

Passi, Stavo et Athaya Mokonzi en furie et en révolte dans « Marionnettes » !

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C.E.O HELL SINKY, author, journalist, documentary

Parmi les pères fondateurs du rap français, figure un certain Passi, membre emblématique du Ministère A.M.E.R.. De ses jeunes années passées au sein du collectif actif autour de Sarcelles, on retient notamment ce single issu de la bande originale de La Haine, écrit à l’acide et au titre sans équivoque : « Sacrifice de Poulet ». Un morceau qui lui vaudra, à lui et à son entourage, de lourdes représailles, dont des poursuites pour provocation au meurtre. Mais c’est surtout avec sa critique acerbe de l’essor télévisuel, « Je zappe et je matte », que Passi inscrit durablement son nom dans l’histoire culturelle. Pour beaucoup, son album « Les Tentations » marque un tournant : un projet qui rend le rap plus lisible et plus accessible, sans renoncer à sa profondeur thématique. Il poursuit ensuite une carrière résolument engagée avec des morceaux comme « Émeute », et devient l’un des premiers à relier la musique rap aux sonorités afro grâce au collectif congolais Bisso Na Bisso. Oui, Passi est bel et bien un précurseur.

Le rappeur revient aujourd’hui avec un single violemment engagé aux côtés de Stavo et Athaya Mokonzi. Stavo, membre du 13 Block, a d’ailleurs précisé qu’un « BLO III » n’était pas d’actualité. Les trois figures du collectif — Stavo, Zed et Oldpee — poursuivent désormais des carrières solo, multipliant projets et univers. On peut y voir un clin d’œil à la méthode imaginée par RZA pour le Wu-Tang Clan avant Wu-Tang Forever : une stratégie où chaque membre développe son identité artistique en solo avant de reforger un projet commun. Une mécanique devenue légendaire grâce au titre « Reunited », véritable pierre angulaire de ce que l’histoire retiendra sous le nom de The 5-Year Plan.

Alors que la France — comme le reste du monde — traverse une crise profonde, sociale, politique et économique, nombreux sont ceux qui reprochent aux rappeurs contemporains leur silence face aux dérives du pouvoir. Passi, Stavo et Athaya Mokonzi, eux, choisissent de frapper fort. Leur titre « Marionnettes » tranche par son discours frontal, son imagerie sombre et son refrain tiré d’une comptine enfantine détournée en véritable cri d’alarme.

Passi, Stavo et Athaya Mokonzi en furie et en révolte dans « Marionnettes » !

La production est signée Jordan, qui livre une instrumentale puissante et contemporaine, loin des sonorités old school auxquelles certains associent spontanément Passi. Lui, gardien du temple depuis les années 90, surprend en évoluant sur une prod brute, presque martiale. Le morceau, construit comme un pamphlet, évoque les coups de force d’un « Hardcore » de Kery James ou d’un « La Fin de leur monde » de IAM, et aligne les frappes verbales en réponse directe aux fractures du monde :

« Gamin on a niqué ta planète comme on a niqué Nazareth
La roulette russe doigt sur la gâchette
Des Tchétchènes sur YouTube qui coupent des têtes. »
(Passi)

« C’est l’heure du bélier, armé, cassé
Sur ta cagoule t’as mis gilet jaune
C’est noir comme la route des armes.
On ne sait pas vraiment où on va.
On ne sait pas qui il faut suivre ?
Et dans quelles mains ils finiront ? »
(Stavo)

« Mater assis les bavures de papas nazis
Ça brûle le comico.
Quinquennat naze et raté
Boosté par des paparazzis qui jouent Yamakasi. »
(Passi)

Le visuel du titre, réalisé par Passi et Sébastien Fallourd, exploite l’imagerie générée par intelligence artificielle pour illustrer les propos des trois rappeurs. Une mention en fin de clip précise d’ailleurs que la vidéo a été conçue grâce à l’IA. Comme dans « Le maton te guette », Passi rend hommage aux détenus, poursuivant son engagement social. Sébastien Fallourd avait déjà accompagné le rappeur sur la réalisation du clip « Attachez vos ceintures ».

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