Cela fait désormais plusieurs années que Lacrim s’impose comme l’un des rappeurs français les plus connectés à l’international. Là où beaucoup d’artistes français restent principalement ancrés sur le marché hexagonal, le rappeur originaire de Chevilly-Larue a progressivement construit une véritable passerelle entre le rap français et certaines figures majeures de la scène américaine. En 2021, alors que le confinement bouleversait encore les modes de vie à travers le monde, l’artiste se confiait dans les colonnes du journal Le Monde avec une déclaration révélatrice de son éloignement progressif de la France : « À cause de ma notoriété, je ne pouvais plus vivre à Paris, ni aux Pays-Bas où j’ai passé un an et demi, alors je suis parti pour être tranquille à Dubaï… Mais pas dans le quartier des Français. »
Cette trajectoire internationale ne s’est jamais limitée à son mode de vie. Dès sa sortie de prison, lorsque Lacrim dévoile l’album “Corleone” sous le label Def Jam, il frappe immédiatement fort en réunissant déjà Lil Durk et French Montana. Une ambition qui ne cessera ensuite de grandir. Quelques années plus tard, avec son projet éponyme “Lacrim”, le rappeur pousse encore plus loin cette ouverture internationale en invitant Snoop Dogg, Rick Ross, French Montana et 6ix9ine. Des collaborations qui participent à construire une image singulière dans le rap français : celle d’un artiste capable de naviguer naturellement entre les codes de la rue française et l’imaginaire luxueux du rap américain.
En 2025, Lacrim effectue son retour avec le projet “RIPRO”, qui approche les 14 000 ventes dès sa première semaine d’exploitation. Une performance solide qui confirme que le rappeur conserve, malgré les années, une force commerciale importante ainsi qu’une street crédibilité intacte. Aujourd’hui, il poursuit cette dynamique avec un nouveau morceau particulièrement sombre intitulé “Boss”, en collaboration avec Rick Ross. Entre trap mafieuse, luxe ostentatoire et égotrip assumé, le patron de Maybach Music et le rappeur français livrent un morceau brut, froid et résolument taillé pour imposer une position dominante.
Lacrim et Rick Ross plongent dans l’univers sombre de “Boss”
La composition instrumentale du morceau est signée par Chahid, producteur qui s’est progressivement imposé comme l’un des collaborateurs récurrents de Lacrim. On retrouve déjà sa patte sur plusieurs morceaux importants de la discographie du rappeur comme “No lo sé”, “Colisée”, “Corleone II” ou encore “Cherngtalay / Act 7”. Ici, le producteur construit une instrumental trap particulièrement lourde et cinématographique, plongeant immédiatement l’auditeur dans un univers nocturne, luxueux et menaçant. Un terrain artistique sur lequel Lacrim évolue avec une aisance presque naturelle.
Sur “Boss”, les deux rappeurs affichent une posture de domination totale. Fidèle à son personnage de magnat du rap américain, Rick Ross ouvre le morceau avec des lignes directement inspirées de son lifestyle extravagant :
“Spent a million on another watch
Leather pants with the metal top (huh)”
Lacrim reprend ensuite le morceau avec une agressivité beaucoup plus frontale et une écriture volontairement provocatrice :
“Viens faire la guerre, p’tit fils de pute, on va s’marrer, t’as les poches vides comme ma Grey Goose en fin d’soirée
Cherche pas Lacrim, gros, ça peut gâcher ta soirée, va chercher ton père le schlag dans les cabarets”
Le clip, tourné à Dubaï, prolonge parfaitement l’esthétique développée dans le morceau. Entre voitures de luxe, villas gigantesques, yachts et atmosphère nocturne, Lacrim et Rick Ross mettent en scène une vision totalement assumée de la réussite et de l’excès. Le visuel a été réalisé par Devia Studio, structure déjà remarquée pour plusieurs productions marquantes de la scène rap, notamment le clip “RS6” de Benab et ZKR.
