Kerchak s’impose comme un artiste profondément attaché à la notion de concept, développant au fil de ses projets une véritable signature esthétique. En janvier, il franchit une étape importante avec la sortie de son premier album studio, “34”. Habitué à générer de solides performances en streaming grâce à son ancrage dans la drill et la jersey drill, le rappeur voit néanmoins ce projet atteindre près de 4 000 ventes en première semaine. Un chiffre en apparence modeste, qui contraste pourtant avec l’ampleur réelle de son audience. À travers la succession des visuels accompagnant l’album, Kerchak démontre surtout une approche globale maîtrisée, portée par une direction artistique cohérente et affirmée.
Dans cette continuité, Kerchak dévoile aujourd’hui le titre “Love”, extrait de son nouveau projet “True Forme”, introduit selon une stratégie similaire. Si “34” s’apparentait à une “déclaration d’intention”, comme il l’expliquait lui-même, le rappeur confirme ici sa capacité à explorer les concepts et à affiner ses exercices de style avec une aisance certaine.
Kerchak déclare son “Love” !
La production du morceau est assurée par Clideur & Franklin (FRA). Habitué des collaborations marquantes, Clideur s’est notamment illustré aux côtés de R2 sur “Nous deux”. De son côté, Franklin (FRA), beatmaker affilié à Sony et Blue Sky Publishing, a déjà croisé la route de Kerchak, notamment sur un titre en featuring avec Ziak.
Le morceau “T’aimerais” se distingue par une approche plus organique, portée par l’intervention d’une choriste sur le refrain. Un choix artistique à rebours des standards actuels, où l’autotune a progressivement remplacé les voix externes. Figure emblématique de la drill et de la jersey drill depuis “Saison 2”, Kerchak amorce ici une évolution vers une esthétique plus aérienne, oscillant entre chant et rap. Le résultat, particulièrement soigné, met en lumière une écriture plus introspective, sans jamais perdre cette touche d’impertinence qui le caractérise :
“Trop de trucs ont changé entre nous, c’est plus comme avant
J’pourrais partager tous mes biens mais j’ai pas envie
Ici on s’parle en vrai, ils méritent même pas vu leurs vices
J’veux m’caser moi mais quand j’me casse, j’veux grave être chez moi”
Sur le plan visuel, Kerchak poursuit son exigence esthétique avec une réalisation signée Sponge Production, déjà à l’origine du clip “D”. Le studio s’illustre également à travers diverses collaborations, notamment avec H. La Drogue et 1Pliké140 sur “Sekenland #10”, ainsi qu’avec Naza sur “Cristalline”, confirmant son ancrage dans l’univers visuel du rap français contemporain.
