Souvent caricaturés pour ne pas incarner l’image des « gangstas », les deux frères ont su tracer leur propre voie, entre sincérité et technicité. Leur succès dépasse le simple engouement populaire : il s’inscrit désormais dans la durée, porté par le respect d’un milieu parfois difficile à conquérir.
Dès leurs débuts, Akhenaton, de passage chez Konbini, saluait déjà leur style unique et leur aisance d’écriture. Plus récemment, Vald déclarait en interview que le groupe le plus impressionnant sur scène n’était autre que BigFlo & Oli. Et même si le rappeur d’Aulnay manie l’ironie avec brio, ses mots résonnaient d’un réel respect : selon lui, personne n’égale leur énergie sur scène.
Fidèles à leur ADN créatif, les Toulousains préparent un retour remarqué avec un nouveau projet et une tournée prévue pour 2026. Pour faire patienter leur public, ils dévoilent le cinquième épisode de leur série de freestyles « Insolent » — un format devenu culte — cette fois sublimé par un véritable parti pris cinématographique.
BigFlo & Oli : l’insolence élevée au rang d’art
La composition instrumentale est signée par BigFlo lui-même, accompagné de Simon Benoist. L’aîné du duo, habitué à produire les sons du groupe, s’entoure ici d’un collaborateur déjà crédité sur « Snowfall » de Omaur et « Doucement » de Dadi (de Nouvelle École). Ensemble, ils livrent une production explosive, percutante et calibrée pour le kickage. Les deux frères s’y échangent les couplets comme dans un combat d’esprit où chaque punchline tombe juste.
« J’ai qu’une religion : c’est le rap
C’est pas une tournée que je fais, c’est un pèlerinage
À ton concert, j’suis caché dans la foule, je mate le show comme si j’étais l’FBI (okay) »
Oli prend la suite avec des vers incisifs et lucides :
« Ils s’raient capables de booker Bertrand Cantat
Pour un concert contre les violences conjugales
Ils font les beaux et le pire dans tout ça
Il s’rait capable d’app’ler ***** pour un concert de soutien à Gaza »
Le visuel, inspiré de « Prison Break », est signé Antoine Zago H.. Entièrement tourné en prison, il se distingue par une réalisation immersive où apparaissent Akhenaton, Shurik’n et Alonzo. La photographie, à mi-chemin entre le clip et le court-métrage, impressionne par sa maîtrise : chaque plan respire la tension, la justesse et le style.
Sur Instagram, le réalisateur confie qu’il s’agit de son projet le plus ambitieux à ce jour. Avant ce tournant artistique, il avait déjà fait ses armes dans la publicité et signé la mise en scène du clip de La Begin House. Avec « Insolent 5 », il confirme son talent pour conjuguer narration visuelle et puissance musicale.
