Benny Adam × Lartiste : le majestueux « Quand elle danse »

Must read

ZEZ
ZEZ
C.E.O HELL SINKY, author, journalist, documentary

Depuis ses débuts, alors qu’il sortait tout juste de Bondy, Lartiste s’affirme comme un véritable trait d’union entre les cultures française et marocaine. Les passerelles avec son pays natal sont constantes — en témoigne son passage au festival Mawazine – Rythmes du Monde à Rabat le 23 juin 2019. Depuis Quartier Latin Vol. 1, il multiplie les clins d’œil à ses origines. Avec Soledad – Saison 1 (sorti en 2025), il assume pleinement une position à mi-chemin entre ses deux horizons. Rappeur engagé, il écrit dans Mediapart sur le racisme, et, dans « 7ARRAGA », encourage les jeunes Marocains à explorer l’avenir chez eux avant le grand départ vers la France. Tout récemment, il a croisé sa route avec l’artiste canadien Benny Adam.

Installé au Canada mais d’origine marocaine, Benny Adam s’est d’abord imposé comme compositeur — notamment un disque d’or avec Niro. Désormais bien ancré dans le rap et la pop hexagonale, il multiplie les collaborations et rejoint Lartiste au micro.

Benny Adam × Lartiste : le majestueux « Quand elle danse »

La production, signée Benny Adam, prolonge une collaboration déjà riche avec Niro — on lui doit entre autres « Printemps Blanc » et « Assez ». Printemps Blanc, qui évoque la dépendance à la cocaïne, figure même au programme de certains lycées. Ici, l’instrumental rend hommage à la culture marocaine : une fusion claire entre pop urbaine européenne et chaâbi, esthétique que Lartiste explore avec de plus en plus d’aisance. À l’heure où, en France, l’arabité est trop souvent réduite à des clichés ou à la seule question de l’extrémisme, ce parti pris met en lumière l’amplitude et la richesse du patrimoine arabo-marocain. Déjà, sur des titres comme « Cleopatra », Lartiste posait les bases de cette symbiose. Partageant sa vie entre la France et le Maroc, il en demeure l’un des plus éloquents ambassadeurs.

L’artiste alterne arabe (darija, et non berbère) et français, adressant sa danseuse aux accents d’Esmeralda de Notre-Dame :

« Les mots cruels lui font d’la peine
Mais ne gâcheront pas son mascara.
Aux yeux des gens, ce n’est qu’une bohème,
Mais quand la lune se lève,
C’est elle, la reine à Kechmara. »

« Moi, quand je lui ai donné mon cœur,
Elle m’a jamais donné l’heure. »

Le visuel, ample et chorégraphié comme un hommage à la danse marocaine, est signé Jawad Kassar. Fidèles complices, le réalisateur et Lartiste affectionnent les récits allégoriques — on se souvient des productions phares du rappeur de Bondy comme « Cleopatra » ou « Bouhali ».

« Quand elle danse »Lartiste feat. Benny Adam
- Advertisement -spot_img

More articles

- Advertisement -spot_img

Latest article