Certains rappeurs se cachent dans les ténèbres de la musique. Le public généralement se fient au seul visage qu’il voit à l’écran quand il écoute un titre : le rappeur. Mais derrière un artiste il y a une multitude de personnes du beatmaker jusqu’au parolier. Chaque tube a également son showrunner. Sam’s fait partie du décor du Rap. Parolier, il a fait la célébrité de pas mal d’artistes comme Keblack, Naza, Tal, Kengji Girac, Doc Gynéco. A l’aise dans tous les styles, ils conservent son côté sulfurique pour ses propres projets. Sam’s l’artiste est signé chez Bendo Music, un label qui choisit ses artistes avec énormément de soin, et qui ne s’engage dans un projet que lorsqu’il croit. En 2015, il sort son projet “Dieu est Grand”. Une plume engagée pour un projet loin d’être prosélyte contrairement à ce que laisse entendre le titre. Au programme, phrasé d’exception pour un artiste fondamentalement pessimiste. PNL, Dinos et bien sûr Damso, les rappeurs de la “Native Générations” ne sont pas forcément optimistes, ils savent que l’homme et la femme brûlent leur âme en tentant de sortir d’un quartier, prison sans murs et sans grillages, mais qui enferment le corps et l’esprit du côté des damnés d’une société qui ne regarde plus ses enfants.

“Il n’y a que les connards qui vont dire que c’est du Rap conscient” (Youssoupha / Entourage). Non, Sam’s est juste engagé. Mettre en lumière les affres et les extrémismes dans lesquels une jeunesse qu’il représente s’est enfermée, ce n’est pas forcément appeler à prendre les armes, ou faire la révolution. La révolte de Sam’s est artistique, son phrasé kamikaze est son arme favorite. Ce 19 septembre 2018, le rappeur a sorti son titre “Calm Down” annonciateur de son futur album « Deus Ex Machina » (en réponse à son premier albumà)

 “De toute façon, on va tous mourir. Autant optimiser le temps que l’on passe ici”

Le clip de “Calm Down” a quelque chose du titre “La Fin de Leur Monde” du groupe marseillais IAM mais avec une dose de violence en moins. Il s’agit d’un montage vidéo reprenant différents extraits d’archive de films et d’actualité. On retrouve bien entendu l’indétrônable Donald Trump mais également des extraits du film “La Haine”. L’artiste a déjà diffusé un extrait du film de Mathieu Kassovitz à la fin de l’un de son morceau “24 H sur le banc” extrait de “Dieu est grand”. Le pensionnaire de la Maison Bendo Music tente de faire passer un message. Le ton est pessimiste, la couleur est apocalyptique : “vous aussi vous tombez d’un immeuble 150 étages et à chaque étage, vous vous dites jusqu’ici tout va bien, mais l’important c’est pas la chute c’est l’aterissage” (fin du film “La Haine”). 

La production instrumentale est discontinue, et présente des analogies, avec le “Disizilla” de Disiz La Peste. C’est un style à part. Au lieu de chercher une mélodie, le parolier tente ici de créer un malaise un beatmaking angoissant. Sa superposition sur les images décuplent l’effet d’un titre qui a été réalisé pour être gênant. Au niveau des lyrics, ce n’est pas le cri du cœur d‘IAM dans “La Fin de Leur Monde”, c’est la vie plein de désillusions d’un rappeurs qui à force de subir est devenu cynique. La jeunesse d’aujourd’hui ne cherche pas à changer le monde, elle cherche à survivre à son autodestruction…

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