Bienvenue dans la “Douce France”, ou chaque coin connaît ses cités, où chaque cité connaît ses bâtiments, et surtout où il y a trois ou quatre rappeurs par bâtiments. Fini le temps “béni” où la gestation d’un rappeur prenait des années, où les “artisans du Bic” passaient d’allitérations en allitérations sur des productions instrumentales techniquement irréprochables qu’ils enregistraient sur cassette sur Générations FM ou Radio Plurielle.

Non aujourd’hui un Home Studio suffit, quelques prods récupérés sur YouTube avec 4K Dowloader, et un thème autour des Tchouin de la fausse amitié ou de la Ferrari qu’on achètera un jour après la validation de Booba sur son Instagram. En réalité aujourd’hui tout le monde s’improvise rappeur. Certains produisent des albums à 300 e. Et le pire c’est que dans ma triste carrière de journaliste j’ai vu des petits tapés le million de vues avec un clip tourné au i-Phone avec 4 pits et deux vixens, et des lyricist confirmés s’écrouler dans des vidéos clips à 4000 e réalisé par Nicolas Noël… C’est la magie du R.A.P, ou plutôt la malédiction du bitume !

Devant la recrudescence des artistes, la révolution numérique qui a relégué la vente de disque au rang des œuvres du passé, le piratage quasi généralisé, il est de plus en plus difficile pour les artistes de Rap de vivre de leur musique. Dans un sujet extrêmement pointu, StreetPress a disséqué le phénomène des showcase dans notre bon vieux rap français.

On sait qu’avec une vidéo sur YouTube visionné 1 million de fois les artistes récupère environ 6800 euros, pas de quoi “acheter une villa en bord de mer à ma mère”. Et les revenus sur les plateformes de streaming sont sensiblement similaires. Donc la plupart des artistes qui n’ont pas les chiffres de vente de Maître Gims et accessoirement de PNL ou Ninho misent sur les showcase pour se faire un minimum de sous.

Souvent payés en cash pour un montant qui oscille entre 500 et 30000 euros, les showcase permettent aux artistes de vivre de leur musique sans intermédiaire, et de ne pas se faire dépouiller ni par les managers véreux, ni par les maisons de disque sans pitié dans ce genre de cas. En Suède, le groupe Latin King (véritable IAM local) a été payé en burger au début de sa carrière alors qu’il a généré des centaines de milliers d’euros avec ses premiers tubes.

La Manager de Vald, Merkus n’a pas hésité à déclarer : “Les concerts c’est 70 à 80% des revenus de l’artiste”. C’est la nouvelle économie du Rap et c’est par extension la nouvelle économie de la musique en général. Aujourd’hui les artistes dépendent beaucoup plus de leurs revenus de sponsoring et en showcase que de leurs ventes de disques. C’est la nouvelle malédiction urbaine.

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