Home STAY IN CHRONIQUE Freeze Corleone, Alpha Wann, Django : La naissance d’un rap “subversif” !

Freeze Corleone, Alpha Wann, Django : La naissance d’un rap “subversif” !

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Freeze Corleone n’est pas né d’hier… Le rappeur officie depuis plusieurs années avec ses polémiques et ses lyrics ultra caustiques qui ont provoqué l’ire des associations luttant contre le racisme et l’antisémitisme. Certains avaient déjà senti venir “La Menace Fantôme“. Avant même la sortie de l’opus, la Fnac retirait l’album des bacs en arguant que l’éditeur avait annulé la sortie. L’information a bien entendu été infirmée par les principaux intéressés mais soit. Quelques jours après la sortie, la Licra attaque Freeze Corleone, puis c’est au tour des hommes politiques. Le rappeur sera cité dans le cadre des questions au gouvernement. Roselyne Bachelot, Ministre de la Culture qui se dit “fan de PNL” répond sobrement à la tribune de l’Assemblée Nationale.

Le bien fondé ou le mal fondé des propos de Freeze Corleone ont été discuté maintes et maintes fois. Et il serait loisible à l’artiste lui même de répondre aux accusations d’antisémitisme dont il a fait l’objet. Personne ne pourra le faire à sa place. En revanche, le cas Freeze Corleone autant dans la polémique que dans l’installation de la Drill en France, et plus généralement d’un genre à part est aussi le point de départ d’un “rap subversif“. Ce rap existait avant, mais avec sa “Menace Fantôme“, le rappeur reçoit un disque d’or et sort de l’ombre. Quelques semaines plus tard, c’est Alpha Wann qui explose les streams en 24 H sur Spotify.

Dans la forme, Freeze Corleone est un rappeur Drill. Ce courant proche de la Trap est issu de la culture des gangs à Chicago. En l’état, elle met en scène des images ultra violentes, et des lyrics non moins généreux. La différence avec Freeze Corleone c’est que le rappeur parle politique sur des productions instrumentales plus que d’actualité. Et il ne parle pas seulement antisémitisme, il parle église ou pédophilie : “j’ai fait un rêve où j’exécutais des pédophiles” (Freeze CorleoneKarim et Nico). Les occurrence à la haine de la pédophilie sont nombreuses dans l’œuvre du rappeur : “J’souris quand un pédophile canne” (Big Pharma). La violence du propos est à la hauteur de son engagement. Musicalement, la Drill, et avec des lyrics pareils, le rappeur est loin d’être “easy listening“. Mais la différence avec hier c’est que ce rap plaît au plus grand nombre.

Quelques semaines plus tard, Django réalisait son grand retour aux côté de Flem. Le beatmaker fait partie des grand noms de ce mouvement Drill en France. Il en est à l’origine. L’album comporte aussi des featuring de Freeze Corleone, le Roi Heenok et Gazo bien entendu une figure de ce mouvement. Dès le deuxième morceau “S/O Le Flem”, l’accent est mis sur la polémique : “Ne me dit qu’avoir deux pères c’est stable“. Quelque part ce rap là se fait le défenseur de valeurs assez “conservatrices” comme le rap du début des années 90′ lorsque Kery James annonçait avec Ideal J : “Hardcore comme deux P.D qui s’embrassent en plein paris“. Le rap de Freeze Corleone, de Django gêne. Les artistes mêlent les sombres tendances Drill actuelles à des arguments politiques quelques fois conservatrices. En tout cas, “si le rock a perdu ses couilles“, ce rap là fait “plus que polémique“.

Il y a quelques jours, Alpha Wann dévoile sa mixtape “Don Dada volume 1” avec quatre morceaux de Nekfeu mais aussi avec Kaaris et Kalash Criminel. Le rappeur, ancien colistier de 1995 annonce la couleur d’office dans le morceau “Mitsubishi” : “Ils n’aiment pas les étrangers, sans les étrangers ils seraient encore en train de vivre sous Vichy“. Ce qui embarrasse peut être encore plus les adversaires de ce mouvement c’est que la plupart d’entre eux ont des références solides entre Alpha Wann qui cite Malcolm X, et Django et Gazo qui parlent de “L’Odyssée” d’Homère

De plus, ce mouvement refuse les codes de l’industrie du disque. Dans son premier album solo, Freeze Corleone invite toute la crème du rap indépendant déterrant même Despo Rutti, quand à Alpha Wann, il déclare dans “philly flingo” : “Je pense à mes derniers jours pas au nombre de vente de la première semaine“. Les titres de la mixtape d’Alpha Wann sont écrits en minuscule, c’est de la modestie rien de plus, tandis que le Rap Game additionne les majuscules et les égotrips.

Sans doute, ce qui ressemble de plus en plus à un mouvement, ce rap subversif d’une violence lyricale inouïe, quelques fois “conservateur“, mais techniquement irréprochable est une réaction à la violence de la société. NTM le laissait entendre il y a déjà des années : “Nous ne faisons pas partie de la solution mais plutôt du problème“. Et si le discours de certains polémistes de devient quasi racistes, alors il n’est pas étonnant que le discours des rappeurs se durcit. Quoi qu’il arrive, qu’elle que soit les réactions des uns et des autres, ce rap là gêne même les puristes.

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