Mais pourquoi est-il si méchant ? Quelques temps après sa trilogie, et “Rap Machine”, le très subversif Disiz sortait “Pacifique”. Comme l’ont fait remarquer la plupart des chroniqueurs, cet opus marque le coming-out Pop Urbaine de l’ancien rappeur de Nouvelle Donne. Il assume son côté Pop avec “Pacifique” en usant à souhait du vocoder, et en transportant son public, dans un rap carrément vaporeux et planant. Le titre de l’album est assez titre assez révélateur. Disiz est un véritable artiste dont l’oeuvre doit être considérée dans son ensemble. La cover, le titre de ses albums, l’imagerie générale et les visuels employés font partie d’un tout en parfaite adéquation avec la mélodie et les lyrics. Alors lorsque le rappeur a sorti la cover de son dernier album où il pose en jaune et noir comme un kamikaze, avec une couleur artistique très japonaise, on s’est demandé si le rappeur avait une nouvelle fois “pété les plombs”. Le titre de l’opus “Disizilla” contraction évidente entre Godzilla (un monstre de la mythologie japonaise dont la story a été maintes fois adapté au cinéma depuis les années 50) et son propre blaze Disiz marque une nouvelle étape dans l’oeuvre de l’interprète de “J’Fuck Les Problèmes”. Autant “Pacifique” était placé sous le signe du calme, et de la mélodie comme une mer qui balance ses vague sur le sable, autant “Disizilla” est un opus aux mélodies difficiles, très peu “easy listening”, qui a une teinte artistique très apocalyptique. Malgré tout “Disizilla” paraît être la suite logique de “Pacifique”. Est là une nouvelle trilogie ? Dans ce cas, “Rap Machine” fait un peu intrus dans l’oeuvre du fondateur.

“La Nuit je me cache, je suis fou à lier” Disiz – “Hiroshima”  

Le titre de chacun de ses morceaux fait référence à l’histoire du Japon, mais également à une forme d’Apocalypse : “Hiroshima” ( Ville anéantie par la Bombe H pendant la Seconde Guerre Mondiale), “Kaïju”, “Disizilla”, “Monstrueuse”, “OWI”. Certains titres portent une valeur autobiographique comme “Hiroshima” justement ou encore “N**Q**R La Fac”. Le rappeur raconte son histoire en musique : une autobiographie très noire d’un artiste qui tente apparemment de décoder “Les raisons de la colère” qui monte en lui après son superbe opus “Pacifique” où il semblait enfin complètement apaisé. C’est un peu la même chose sur le son “Fuck L’Epoque” qui est un égotrip autobiographique. Le titre “Terre Promise” est consacrée à sa mère. Un titre poignant très déconstruit.

“J’aimerais construire un vaisseau pour l’emmener ailleurs,sur une autre planète mais j’ai pas de notice” 

Au niveau musical, si les premiers extraits de “Disizilla” laissaient présager un opus “très subversif” et complètement noir, avec aucune mélodie en particulier, mais surtout des sons empilés et presque gênant à l’oreille. Une écoute plus attentive de l’album permet de faire un son. Dans certains sons carrément “apocalyptiques” comme “Disizilla”, Disiz annonce sa sentences sur un rythme electro et déconstruit façon “Beastie Boys” mais sur d’autres titres, le rappeur passe carrément au calme et à la douceur comme sur “Hiroshima”.

Disiz fait deux gros featurings sur “Disizilla” avec Sofiane tout d’abord dans “Enfant de la Rue” mais également avec Niska sur “Cercle Rouge”. Les deux rappeurs n’ont aucun mal à s’adapter au flow et au style “Disizilla”.

Disizilla est un exercice de style pour le rappeur. Et peut être le deuxième volet d’une trilogie qui commence dans le calme du Pacifique pour finir dans la tempête monstrueuse de Disizilla.

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