Sizaye est champion du France de Rap End Of The Weak depuis 2018. Les meilleurs lyricist de ce rap game de la francophonie ont participé à ces poignées de punchline de KT Gorique, à Fik’s Niavo, en passant par Demi Portion. Deux ans plus tard, le rappeur dévoile sa “Fougue Part 2“. Si la plupart des rappeurs aujourd’hui forcent la polyvalence en composant des albums comme des recettes magiques où chaque ingrédient doit leur permettre de gouter le gâteau du succès, “La Fougue Part 2” est d’une véritable richesse. Le rappeur alterne entre les genres sans jamais perdre de vue son flow découpant et ses thèmes efficaces. Le rappeur rap sur des productions instrumentales contemporaines. En réalité, il a dépassé le stade du puriste, de l’amateur de rap, depuis longtemps. Il est de plus en plus actuel. Il n’en perd pas moins son verbe saisissant.

Les morceaux “Toute la Night” et surtout “Wolf” sont assez rapides et saccadés. En revanche les deux morceaux sont portés par un discours fort, social sans être totalement conscient. Plus que jamais, Sizaye se fait le porte parole de la minorité muette sans oublier que l’époque n’est pas forcément au Boom Bap. Cette réconciliation entre deux façon de faire du rap, on la doit à un Sizaye qui n’a pas peur de sortir des sentiers battus. Le titre “Plus Haut” typé cloud est plus lent, plus vaporeux, mais là encore le verbe est toujours aussi caustique.

Le rappeur poussera le vice jusqu’à réaliser un titre pour son grand-père dans “sans portable”. Depuis le “Dear Mama” de Tupac, la tradition veut que les rappeurs honorent leur mère avant de regarder leur père. D’autres exemples comme Oxmo et son “Mama Lova“, ou encore Pit et son “Si loin de toi” existent dans l’historique de nos playlist spotify. Dans le morceau, Sizaye se souvient des temps révolus en compagnie de celui qui lui a donné la vie à une époque “sans portable”. C’est le seul morceau qui peut vraiment faire “oldschool” au niveau de la thématique car le projet est plus porté sur la dénonciation que le regret. On appréciera les quelques samples de guitare qui accompagnent la fin de “l’interlude” et le début de “sans portable“.

Puis on ne se refait pas, le rappeur finit sur “Il le fallait“. Car “il fallait” un morceau de cet acabit.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here